Environ 600 manifestants bloquent brièvement les Champs-Elysées pour dénoncer les conditions de travail dans les hôpitaux

L'objectif de la manifestation, lancée à l'appel du syndicat SUD Santé-sociaux, était également de dénoncer le manque de moyens dans les établissements hospitaliers. Une délégation a été reçue au ministère de la Santé.

Le personnel de santé manifeste sur les Champs-Elysées à Paris, le 15 mai 2018.
Le personnel de santé manifeste sur les Champs-Elysées à Paris, le 15 mai 2018. (MAXPPP)

Une "marée blanche". A l'appel de SUD Santé-sociaux, environ 600 personnes, selon ce syndicat et la préfecture de police, se sont réunies, mardi 15 mai, à Paris. Elles ont dénoncé les conditions de travail et le manque de moyens dans les hôpitaux. Certains manifestants ont brièvement bloqué la circulation sur les Champs-Elysées, ce qui n'était pas prévu, selon Le Parisien et d'autres journalistes sur place.

Une autre partie des manifestants est restée sur l'esplanade des Invalides. Les deux cortèges ont fini par converger pour rejoindre le ministère de la Santé, où de nombreux CRS étaient positionnés. "Buzyn, t'es foutue, l'hôpital est dans la rue", ont crié des manifestants devant le ministère, avant de s'allonger sur le sol pour symboliser les soignants qui se "tuent" à la tâche.

Plusieurs députés étaient présents, dont les Insoumis Caroline Fiat, Clémentine Autain, Adrien Quatennens et Eric Coquerel, ainsi que le centriste Jean Lassalle.

"Des patients passent la nuit sur des poufs"

Au milieu des blouses blanches et entre deux pancartes "En grève nous sommes désabuzyn" et "Urgences en colère y'en a marre de la galère", Lionel Lebourg, élu SUD à l'hôpital psychiatrique Pierre-Janet du Havre, a expliqué que "les conditions de travail [étaient] devenues exécrables". "On tourne environ à 120% de remplissage, on en arrive à mettre des patients sur des matelas par terre, parfois on n'a même plus assez de matelas et les gens passent la nuit sur des poufs", a-t-il raconté.

Une délégation a été reçue au ministère par des "sous-directeurs" de la direction générale de l'offre de soins. Mais elle est ressortie "sans qu'aucune réponse n'ait été apportée", selon la déléguée CGT du centre hospitalier d'Angers. "On nous a dit que M. Macron allait faire des annonces avant l'été", mais "la mobilisation elle est là, la ligne rouge est dépassée", a-t-elle dit.