Enquête interne sur un gynécologue parisien : "Il n'y aura pas d'omerta", promet la présidente du collège national des gynécologues

Le chef du centre endométriose de l'hôpital Tenon à Paris est visé par une enquête interne après plusieurs signalements d'anciennes patientes.

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Radio France
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L'hôpital Tenon, dans le 20ème arrondissement de Paris. (THOMAS COEX / AFP)

"Si les faits sont avérés, ils sont bien sûr totalement condamnables", a affirmé jeudi 23 septembre sur franceinfo Joëlle Belaisch-Allart, présidente du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), alors qu'un professeur en gynécologie, le professeur Daraï, chef du centre endométriose de l'hôpital Tenon à Paris est visé par une enquête interne après plusieurs signalements d'anciennes patientes. Ces patientes dénoncent des maltraitances physiques et verbales.

Joëlle Belaisch-Allart rappelle que "le professeur Daraï a opéré des milliers de femmes". Elle attend "les différentes enquêtes avant toute condamnation", mais assure qu'"il n'y a pas d'omerta".

franceinfo : Comment réagissez-vous après ces révélations ?

Notre bureau a pris connaissance avec une très grande tristesse de ces informations. Nous tenons à rappeler l'engagement absolu du collège pour la bientraitance, qui doit être constante dans toutes les relations médecins-patients, et tout particulièrement en gynécologie. Mais nous demandons à laisser les différentes enquêtes et la justice suivre leur cours avant toute condamnation. Toutes les plaintes de ces patientes, on les a entendues. Si les faits sont avérés, ils sont bien sûr totalement condamnables. Mais je voudrais quand même rappeler que le professeur Daraï a opéré des milliers de femmes. Elle plaide par ailleurs pour plus de communication avec les patientes et pour apprendre aux jeunes médecins qu'il n'y a plus de paternalisme.

Est-ce qu'il a une omerta sur ce sujet, comme l'a affirmé sur franceinfo la fondatrice du collectif Stop aux violences obstétricales et gynécologiques ?

Je réfute complètement. Il n'y a pas d'omerta. Il faut entendre aussi bien la parole des médecins que la parole des patients. On comprend très bien tout ce qui se passe du côté des patientes. Je voudrais vraiment qu'on ait l'enquête, qu'on ait les résultats. C'est ce à quoi nous sommes le plus attachés. Il y a des exemples récents qui montrent qu'il n'y a plus d'impunité et c'est très bien comme ça.

Est-ce qu'il y a eu par le passé un manque de formation des professionnels, notamment sur le consentement des patientes ?

Il est certain que c'est difficile d'arriver à expliquer vraiment, et à toutes les générations actuelles qui en sont beaucoup plus conscientes, qu'il faut demander à la patiente, 'vous voulez bien que je vous examine?' Ça a l'air évident. Cela n'était peut-être pas aussi fait que cela devait l'être. Mais il faut l'accord des patientes. Il faut expliquer, c'est une certitude.

Est-ce que c'est un problème générationnel ?

Je crois que c'est un problème humain, mais pas obligatoirement générationnel. Mais vraiment, je le répète, il ne faut pas que l'on lynche, que l'on condamne sans avoir le résultat de toutes les enquêtes. Ce ne serait vraiment pas correct. Je rappelle juste qu'il y a eu des milliers de femmes opérées à Tenon. S'il y a quelque chose de pas bien, il n'y aura pas d'omerta. Nous en sommes tous bien d'accord. Les professionnels rappellent leur attachement à la bienveillance et à la non-maltraitance. C'est un engagement absolu du collège et on insiste, dans toutes les relations avec médecins, patients et tout spécialement dans notre domaine. La communication est quelque chose de fondamental. Il faut apprendre à communiquer avec les patients. C'est vrai que le temps du paternalisme, il a vécu. Il faut apprendre aux jeunes médecins que les choses ont changé. Il n'y a plus de paternalisme. On communique avec les patientes, on explique les choses et on a besoin de leur accord pour tous les soins. C'est une certitude.

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