VIDEO. Témoignage d'Anne Ratier : "Rien ne justifie qu'on puisse donner la mort à un enfant", estime Agnès Buzyn

La ministre de la Santé a estimé que cette mère qui a donné la mort à son fils handicapé, en 1987, n'avait pas été suffisamment accompagnée. 

RADIO FRANCE

"C'est une situation atrocement douloureuse, mais rien évidemment ne justifie qu'on puisse donner la mort à un enfant", déclare Agnès Buzyn, vendredi 8 mars, en réaction au témoignage d'une mère de famille, Anne Ratier, qui a tué son fils de trois ans, polyhandicapé. Cette femme dévoile son geste remontant à 30 ans dans un livre.

Un travail d'accompagnement à améliorer

"Je comprends que la vie de cette femme fait qu'elle n'était pas suffisamment accompagnée", a poursuivi la ministre de la Santé. "Je pense que l'accompagnement des familles s'améliore, ajoute-t-elle, mais qu'il est encore insuffisant sur le handicap sévère. Il est absolument nécessaire de soulager ces familles."

Nous travaillons beaucoup sur le répit, par exemple, parce qu'il faut que ces parents puissent souffler. Nous voyons que c'est souvent une cause de séparation des familles.

Agnès Buzyn

à franceinfo

Anne Ratier a justifié son geste fatal sur franceinfo en expliquant que la vie de son fils était une "agonie". Selon la ministre, "la loi Leonetti qui est une loi sur la fin de vie permet d'accompagner les personnes à l'agonie si elles ont exprimé leur désir d'être accompagnées". "Ce n'est pas une loi qui s'applique à cet enfant parce qu'il n'était pas agonisant, il était tout simplement lourdement handicapé." "Aujourd'hui, il n'y a pas de loi, en Belgique ou en France, qui aurait permis d'accompagner autrement cet enfant", a-t-elle assuré. "En réalité, il était vivant. Il fallait le prendre en charge peut-être en aidant mieux cette femme", a estimé Agnès Buzyn.

Agnès Buzyn, ministre de la Santé et des solidarités, invitée de franceinfo le 8 mars 2019.
Agnès Buzyn, ministre de la Santé et des solidarités, invitée de franceinfo le 8 mars 2019. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)