Une photo choc avec un grand prématuré envoyée aux députés pour les alerter

Cette carte postale a été envoyée à tous les députés par une association pour les interpeller sur la dure réalité de la prématurité.

La photo d\'un bébé prématuré au recto d\'une lettre diffusée par l\'association SOS Prema, le 2 mai 2016.
La photo d'un bébé prématuré au recto d'une lettre diffusée par l'association SOS Prema, le 2 mai 2016. (SOSPREMA / AFP)

Au recto, la photo de Louise, un bébé prématuré né à seulement 5 mois et quelques jours de grossesse. Le nourrisson d'à peine 600 grammes, intubé, tient dans sa minuscule main l'ongle de l'index de sa maman. Au verso, son histoire et celle de ses parents dont le quotidien a été bouleversé. Cette carte postale a été envoyée à tous les députés, pour les interpeller sur la dure réalité de la prématurité, a annoncé lundi 2 mai l'association SOS Prema.

"Si tout va bien, je sortirai [de la maternité] dans trois mois. Je ne pourrai pas aller en crèche car mes poumons sont trop fragiles. (...) J'aurai besoin d'un suivi adapté pour détecter et traiter des séquelles éventuelles", est-il écrit. L'association espère que de nombreux députés intégreront le groupe d'études Prématurité et nouveau-nés vulnérables, récemment créé à l'Assemblée, sous la houlette d'Isabelle Le Callennec, députée Les Républicains d'Ille-et-Vilaine.

Environ 60 000 prématurés par an en France

Car une naissance prématurée n'est pas sans conséquences. Trois enfants sur quatre qui meurent sont des prématurés. Et 40% des grands prématurés –nés avant 30 semaines de grossesse– présentent des difficultés ou un handicap. En France, environ 60 000 bébés prématurés (nés au bout de 35 semaines de grossesse) voient le jour chaque année. Cela concernait 7,4% des naissances en 2010 contre 5,9% en 1995, soit près de 22% d'augmentation en quinze ans, selon l'association SOS Préma. 

L'augmentation du nombre de prématurés s'explique notamment par le développement de la procréation médicalement assistée, qui favorise les grossesses multiples et donc les naissances prématurées, mais aussi par le mode de vie des femmes (la fatigue liée à un travail pénible, le stress, le tabagisme ou la mauvaise alimentation).