Grossesse et sport : c’est possible !

La grossesse est une période de grands changements dans la vie des femmes. Changement d'habitudes alimentaires parfois, de rythme de vie... Et qu'en est-il du sport ? Peuvent-elles poursuivre leurs activités sportives ? Le sport est-il dangereux ou conseillé ? Eléments de réponses.

Grossesse et sport : c’est possible !
Grossesse et sport : c’est possible !

"Oui !" La réponse du Dr Harvey Thierry, gynécologue obstétricien et chef de service à la maternité des Diaconesses à Paris, est claire, nette et précise. Pratiquer une activité physique ou sportive pendant la grossesse, c’est possible. Selon le praticien, "il n’y a pas de contre-indication, lorsque la grossesse n’est pas à risque. Le spécialiste l’assure, c’est l’inverse : " c’est une indication. Il faut inciter tout le monde à bouger, y compris les femmes enceintes."

Une recommandation partagée par le Collège américain des gynécologues obstétriciens (ACOF). En 2003, il publiait, dans un rapport, de nouvelles lignes directrices sur l’exercice pendant la grossesse et après l’accouchement. "Les femmes enceintes sans complications devraient être encouragées à engager ou à poursuivre leurs activités physiques", peut-on lire.

Des effets bénéfiques sur la santé

Les idées reçues par rapport à la grossesse et au sport sont nombreuses. Fausses couches, retards de croissance, ou encore accouchements prématurés en sont des exemples. Alors mythe ou réalité ? Le Dr Harvey est catégorique : "C'est faux ! Ce sont des casseroles, et il faut lutter contre tous les jours".

Des risques donc ? Eh bien non, bien au contraire… "C’est que du bénéf’ ! C’est bon pour le moral. La femme enceinte se sent bien. Et ça, c’est important par rapport à sa grossesse". Selon lui, les effets bénéfiques sur la santé sont multiples, tant sur le plan psychologique, que physique. "Cela permet de réduire le risque de diabète gestationnel et par extension de surpoids, explique le gynécologue obstétricien. C’est aussi un bon moyen pour prévenir l’hypertension artérielle, et par conséquent la pré-éclampsie."

La femme enceinte n’est pas la seule à bénéficier de ces effets bénéfiques. Le bébé aussi. "Ces effets sur la santé maternelle, permettent, de prévenir des complications obstétricales, en réduisant le risque de macrosomie fœtale, c’est-à-dire des bébés, dont le poids de naissance est supérieur à 4kg", explique le spécialiste. En France, en moyenne, un bébé mesure à la naissance 50 cm et pèse et 3 500 kg.

Certains activités sont à privilégier, et d'autres à éviter

Mesdames, continuer ou commencer une activité physique ou sportive est donc conseillé, mais avec une seule et unique condition. Elle doit être "modérée et adaptée", insiste et répète le Dr Harvey. Elle doit être adaptée à votre morphologie, à vos capacités physiques et à votre grossesse. "Il ne faut pas du tout rechercher la performance, uniquement du plaisir". Judo, karaté, boxe, rugby… Les sports de contact sont à éviter, car les risques de chutes sont importants. "Cela ne serait pas du tout raisonnable", détaille le gynécologue obstétricien.

En revanche, la marche, la natation et le vélo sont par exemple des activités recommandées. Et ce, "dès le début de la grossesse", lorsque celle-ci n'est pas à risque. "Attention, il faut savoir arrêter quand c’est nécessaire" rappelle le médecin. Alors, mesdames, soyez toujours à l’écoute de votre corps et de votre bébé. Et avant toute décision, demandez conseil à votre médecin ou à votre sage-femme.