Des juges d'instruction vont enquêter sur le scandale de la Dépakine, un antiépileptique présentant des risques pour le fœtus

Plus de 14 000 femmes enceintes ont été "exposées" à ce médicament entre 2007 et 2014.

La molécule de base de cet antiépileptique, le valproate de sodium, présente des risques élevés pour la santé du fœtus. 
La molécule de base de cet antiépileptique, le valproate de sodium, présente des risques élevés pour la santé du fœtus.  (GARO / PHANIE / AFP)

Une information judiciaire a été ouverte sur le scandale de la Dépakine, vendredi 23 septembre, a indiqué une source judiciaire à l'AFP. La molécule de base de cet antiépileptique, le valproate de sodium, présente des risques élevés (de l'ordre de 10%) de malformations congénitales chez le fœtus, mais également un risque accru d'autisme et de retards intellectuels et de retard pour marcher, pouvant atteindre jusqu'à 40% des enfants exposés. 

Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour "tromperie aggravée" et "blessures involontaires", a précisé cette source judiciaire. Elle fait suite à l'enquête préliminaire menée sous l'autorité du parquet depuis septembre 2015.

14 000 femmes enceintes exposées

L'association de victimes de l'antiépileptique Dépakine a annoncé, mercredi 21 septembre, avoir déposé une plainte avec constitution de partie civile. Il est "urgent qu'une enquête indépendante soit diligentée pour comprendre comment (...) la Dépakine et ses dérivés ont continué d'être majoritairement prescrits chez des femmes enceintes" alors que les dangers pour le fœtus étaient connus, a souligné l'Association d'aide aux parents d'enfants souffrant du syndrome de l'anticonvulsivant (Apesac).

Fin août, le ministère de la Santé a reconnu que plus de 14 000 femmes enceintes avaient été "exposées" à la Dépakine entre 2007 et 2014, alors que les effets de la Dépakine sur la santé des fœtus étaient connus.