Fin de vie : " Il n'est pas question d'abandonner le patient "

Les patients dont l'équipe médicale décide de stopper l'alimentation et l'hydratation continuent d'être massés, lavés. En parallèle, pour lutter contre la douleur, ils peuvent recevoir une sédation profonde et terminale. 

Depuis le 2 juillet, Vincent Lambert n’est plus nourri ni hydraté, conformément à la décision prise par son médecin, le Dr Vincent Sanchez. L’occasion de se demander : comment accompagne-t-on concrètement la fin de vie en France ? 

La conduite à tenir est encadrée par la loi Claeys-Leonetti votée en 2016. Elle cadre les conditions dans lesquelles les équipes soignantes peuvent accompagner une personne en fin de vie et prendre des décisions adaptées à chaque patient. L’équipe soignante peut décider de mettre fin aux traitements mais continue de donner des soins au malade.

Lire aussi : Sédation, euthanasie : une différence fondamentale

"On continue toujours les soins"

"Quand on fait un arrêt de traitement dûment justifié, étudié, préparé, avec une décision prise en équipe, ce qu’on appelle la procédure collégiale, il n’est pas question d’abandonner le patient. On continue toujours les soins, on continue toujours ce qui est utile pour son confort, notamment les anti-douleurs et les médicaments contre l’anxiété s’il y en a", explique Dr Jean-Marie Gomas, médecin et conseiller scientifique du de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP). Avant d’insister : "C’est vraiment important de se rendre compte qu’il ne s’agit pas d’abandonner le malade mais de l’accompagner dans cette fin de vie compliquée". 

Un patient dont on décide de stopper l’alimentation et l’hydratation continue de bénéficier d’une toilette et de massages quotidiens. Une sédation, c’est-à-dire un endormissement à l’aide d’un mélange de plusieurs médicaments, est mise en place en parallèle.

Une fin de vie "très calme"

"Pour avoir un confort de la fin de vie quand on est pas nourri et pas hydraté il faut bien entendu être sédaté pour permettre au patient une fin de vie très calme.  Ça c’est vraiment l’esprit de la loi. Lorsqu’on estime que les soins sont disproportionnés et déraisonnables ou que c’est purement un maintien artificiel, alors on peut faire dormir le patient pour qu’il s’éteigne tranquillement", illustre le Dr Jean-Marie Gomas.

C’est alors toute l’expertise des équipes des soins palliatifs qui est mise en œuvre pour entourer pleinement chaque patient jusqu’à ses dernières heures.

L’équipe soignante peut décider de mettre fin aux traitements mais non aux soins.
L’équipe soignante peut décider de mettre fin aux traitements mais non aux soins.