Expérimentation de l’AP-HP : des femmes enceintes payées pour arrêter de fumer

L'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) vient de lancer une étude innovante, à laquelle seize maternités de France participent. Elle propose de rémunérer 400 futures mamans pour les convaincre de s'arrêter de fumer.

(400 femmes enceintes fumeuses vont être recrutées pour cette étude de l'AP-HP © SIPA/Closon)

La France est le pays où les femmes enceintes fument le plus! Elles sont 18% à continuer la cigarette au dernier trimestre de leur grossesse. Si bien que l'AP-HP vient de lancer une étude innovante, à laquelle seize maternités de France participent : avec le soutien financier de l'Institut national du cancer, elle propose de rémunérer les futures mamans pour les convaincre de s'arrêter de fumer.

Des bons cadeaux à la clé 

Fumer pendant la grossesse risque de provoquer un retard de croissance du fœtus, voire un accouchement prématuré.

400 femmes enceintes vont être recrutées pour cette étude dont les résultats seront connus dans deux ans. A chaque visite chez le tabacologue, les futures mamans qui participent à l'étude repartiront avec 20 euros de bons cadeaux. En bonus 20 euros de plus par mois sans cigarette pour celles qui s'arrêtent sans substitut à la nicotine, sous réserve bien sûr que leurs analyses d'urines montrent qu'elles ont bien décroché.

"Le principal avantage à l’incitation financière c’est de dire que c’est important de venir voir régulièrement les professionnels de santé qui doivent aider à arrêter ", a souligné Bertrand Dautzenberg, pneumologue à la l'hôpital Pitié-Salpêtrière sur France Info.

"Une femme enceinte qui va venir voir tous les mois un tabacologue a beaucoup plus de chances de s’arrêter qu’une qui ne va pas le voir ", a-t-il rappelé. Déjà testée au Royaume-Uni, la méthode a déjà fait ses preuves.

Des mesures plus urgentes à appliquer ?

Mais Bertrand Dautzenberg s'interroge. Avant de parler d'argent, pourquoi ne pas commencer à appliquer le tiers payant pour les patchs, gommes et autres pastilles à la nicotine ?

"Le fait qu’il faille aller chez le pharmacien pour acheter ces substituts, sortir son billet de 50 euros, et être remboursé un mois plus tard est quelque chose qui est pour moi totalement inacceptable vu la gravité du tabagisme pendant la grossesse ", a déploré le pneumologue.

Il a également dénoncé "l’incapacité de l’Etat et de l’Assurance maladie de mettre en place un système efficace » qui «ne peut que me révolter au nom de la Santé publique. "