Vidéo Pollution : sur cette plage bretonne, jusqu'à 600 tonnes d'algues vertes ramassées en une journée

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Envoyé spécial. Sur cette plage bretonne, jusqu'à 600 tonnes d'algues vertes ramassées par jour
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France Télévisions

Elles défigurent les plages, interdisent la baignade et empoisonnent la vie des habitants. Depuis un demi-siècle, le même fléau fait son retour chaque été en Bretagne : des "marées vertes" où les algues s’échouent par centaines de tonnes... et qu'il faut déblayer au tracteur. Extrait d'une enquête d’un enfant du pays devenu reporter à "Envoyé spécial", à voir le 9 septembre 2021.

"La marée était haute à 7 heures, et quand elle s'est retirée, voilà ce qu'elle a laissé en haut de la plage", constate François David, qui organise le ramassage des algues vertes pour les communes de la baie de Saint-Brieuc. Le technicien patauge jusqu'à mi-mollet dans une fange qui s'étend sur plusieurs centaines de mètres. Il estime la "récolte" de la matinée entre 100  et 150 tonnes. C'est beaucoup, mais moins que certaines années, où elle a parfois atteint 600 tonnes sur une journée. 

Comme chaque matin, de mai à septembre, sur cette plage des Côtes-d'Armor interdite au public, les tracteurs s'affairent pour déblayer d'énormes tas d'algues vertes. Mobiliser tous les jours des engins de chantier pendant cinq mois coûte cher au contribuable : de 300 000 à 700 000 euros par an pour le ramassage, le transport et traitement des algues. Près de 10 000 tonnes ont été ramassées depuis le mois d'avril 2021, et les algues vertes reviennent à chaque marée. C'est comme vider la mer avec un dé à coudre… Un éternel recommencement.

La baie de Saint-Brieuc concentre la moitié des algues vertes qui polluent la Bretagne

Quelles sont les causes de ce fléau ? Les recherches  scientifiques ont conclu que les algues vertes prolifèrent lorsque trois facteurs sont réunis. Des baies peu profondes, avec un faible courant ; des conditions météo propices (du soleil et peu de vent) ; et des nutriments venus des rivières qui favorisent leur croissance : le phosphore émis par les activités humaines, des eaux usées et, surtout, l'azote issu de l'agriculture. 

Chaque année depuis un demi-siècle, le phénomène se répète en Bretagne, défigurant ses côtes et empoisonnant la vie des habitants. Pour "Envoyé spécial", Clément Le Goff a enquêté sur les terres de son enfance, à Hillion. Cette baie de Saint-Brieuc où il a grandi concentre la moitié des algues vertes de toute la Bretagne. Et sur la plage de son enfance, celle de l'Hôtellerie, où il n'a jamais pu se baigner, il n'est même pas possible de les ramasser. 

Extrait de "Ma plage empoisonnée", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 9 septembre 2021.

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