Tri des déchets dans les restaurants d'ici 2021 : "Cela donne un message de transition écologique à deux vitesses"

Le président de l'association Amorce Nicolas Garnier, invité de franceinfo, demande au gouvernement des sanctions pour les entreprises qui ne respectent pas leurs obligations en matière de tri.

Un plateau plein de déchets et d\'emballages chez McDonald\'s.
Un plateau plein de déchets et d'emballages chez McDonald's. (JEAN-FRANÇOIS FREY / MAXPPP)

Quinze chaînes de restauration rapide se sont engagées mardi 11 juin à mettre 70% de leurs restaurants en conformité avec leurs obligations en matière de tri des déchets dès fin 2019. Elles ont pris cet engagement au terme d'une rencontre au ministère de la Transition écologique et solidaire.

La secrétaire d'État Brune Poirson souhaite que le tri des déchets soit respecté dans tous les restaurants d'ici fin 2021. Un délai trop long pour Nicolas Garnider, délégué général de l'association Amorce qui rassemble des collectivités territoriales et des professionnels du secteur des déchets. Selon lui les ménages et les entreprises ne sont pas logés à la même enseigne.

franceinfo : Les chaînes de restauration rapide sont-elles vraiment les mauvais élèves ?

Nicolas Garnier : Elles font partie des mauvaises élèves. Cela fait trois ans qu'elles ont l'obligation légale de collecter sélectivement les emballages, mais aussi leurs matières organiques parce qu'il y a beaucoup de gaspillage alimentaire. Trois ans après, on se rend compte qu'elles ont très peu avancé. Quelques restaurants ont mis en place le tri sélectif, mais les fast-foods ne sont pas tous seuls. Il y a de nombreux endroits en France où on peut acheter une bouteille d'eau, une barre chocolatée, et à côté de cela, il n'y a aucune solution de tri sélectif à proximité. Cela pose des problèmes de cohérence.

Est-ce qu'il y a une différence avec les particuliers ?

Oui. On finit par avoir l'impression qu'on se focalise sur le panier de la ménagère, mais tout ce qui se passe autour, c'est-à-dire le monde des entreprises, est moins sous pression que le citoyen à qui on demande de trier et de faire des efforts. Dans le monde de l'entreprise, près de 50% des produits de grande consommation n'ont aucune solution de recyclage et on leur dit qu'elles ont du temps. Cela donne le message d'une transition écologique à deux vitesses. Les ménages doivent aller très vite, en payant, par contre les entreprises, on leur laisse du temps.

Que faut-il faire ?

À un moment donné, il faut parler des sanctions. Brune Poirson est une ministre courageuse, elle fait ce que beaucoup de ses prédécesseurs n'ont pas fait, mais il faut aller au bout du raisonnement. Si vous ne mettez pas un horizon de sanction précis, qui normalement est dans la loi, on a tendance à laisser couler. Il faut mettre en place des solutions de tri et de recyclage pour la plupart des produits de grande consommation. Il y a encore énormément à faire, et une fois que ces dispositifs seront en place, celui qui ne les appliquera pas devra être sanctionné. Par exemple,  quand les collectivités ne font pas de collecte sélective, il y a une TGAP [taxe générale sur les activités polluantes] qui s'applique et qui est de plus en plus importante.