"On est un peu étonnés qu'ils nous laissent faire" : les militants d'Extinction Rebellion surpris par la réaction des forces de l'ordre à Paris

Les écologistes d'Extinction Rebellion ont décidé de lever une partie de leur campement à Paris, vendredi 11 octobre.

Installation d\'Extinction Rebellion, à Paris, le 8 octobre. 
Installation d'Extinction Rebellion, à Paris, le 8 octobre.  (NATHANAEL CHARBONNIER / RADIO FRANCE)

"Ici on se rebelle". Le slogan est écrit sur une banderole accrochée au pont au Change, à Paris. L'ambiance est très calme, sereine, non violente. Sur place, une femme passe les derniers coups de balai : "Nous avons décidé de lever le camp, on va le rapprocher de la place du Châtelet."

Installés depuis lundi 7 octobre sur cette place, sur une partie du pont et des carrefours aux alentours, plusieurs centaines de militants du mouvement écologiste Extinction Rébellion ont décidé de réduire la taille de leur camp. Ils comptent déployer leurs forces ailleurs dans la capitale, pour dénoncer "l'inaction climatique" des chefs d'État. Jusqu'à présent, la police n'est pas intervenue.

D'autres actions ailleurs

À l'assemblée générale, les militants ont décidé de resserrer leur occupation mais les carrefours, notamment autour de la place du Châtelet, sont toujours occupés : "On se déplace simplement pour avoir une zone plus réduite et plus facile à gérer pour assurer la sécurité. Cela va aussi nous permettre de dégager ensuite de l'énergie pour pouvoir mener d'autres actions ailleurs dans la ville", explique Fleur, 36 ans.

Ici, les forces de l'ordre sont très discrètes. La police n'est pas intervenue : "On est un peu étonnés qu'ils nous laissent faire. On a bloqué la rue de Rivoli, ça a créé beaucoup de perturbations et on nous a laissé faire. Je pense que s'il y avait une action de la police, on parlerait peut-être un peu plus de nous", raconte un militant. "Nous on sera là tant qu'ils ne prendront pas leurs responsabilités et qu'ils n'écouteront pas nos revendications. La première, c'est de déclarer l'urgence climatique."

Ces derniers jours, les forces de l'ordre ont retiré leurs effectifs, ajoute Marie, au "point médias" : "On prend ça pour une certaine tolérance."

On est surpris de leur non réaction et je pense que ça fait aussi partie de leur stratégieMarie, une militante

"On a pas mal été attaqués par d'autres collectifs qui pensent que nous avons un accord secret avec la préfecture. Ce n'est pas le cas, poursuit Marie. On se demande si les forces de l'ordre n'attendent pas qu'il y ait un débordement de notre part pour ensuite avoir une bonne raison de nous expulser."

Quoiqu'il en soit, ces militants résument leur action en deux mots : "Non violente." D'ailleurs, Anne Hidalgo, la maire de Paris, n'y voit aucun problème pour l'instant. Elle dit soutenir toutes les actions pacifiques sur la place du Châtelet.

Le reportage de Benjamin Illy
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