Qualité de l'air : trois enfants sur quatre respirent un air toxique en France, alerte l'Unicef

Pour la première fois, l'organisme publie un rapport qui alerte sur les conséquences de la pollution sur les enfants.

La ville de Paris lors d\'un épisode de pollution. (illustration)
La ville de Paris lors d'un épisode de pollution. (illustration) (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Trois enfants sur quatre respirent un air toxique en France, c'est ce révèle jeudi 4 avril l'Unicef qui publie pour la première fois un rapport - que franceinfo a pu consulter - sur l'impact de la pollution de l'air sur la santé des enfants.

Alors que le projet de loi d'orientation des mobilités vient d'être examiné au Sénat et à quelques jours de la Journée mondiale de la santé, Unicef France reprend notamment les cartes de la pollution de l'air à proximité des écoles, faites par plusieurs associations et réclame des mesures, via sa campagne : "Pour chaque enfant, un air pur !"

Les enfants plus exposés aux polluants que les adultes

L'organisme international chargé de la protection de l'enfance reprend les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour établir ces chiffres. Des recommandations plus strictes que les normes françaises et européennes, car même si tout le monde respire aujourd'hui un air qui dépasse les seuils recommandés pour le dioxyde d'azote et les particules fines, les enfants en souffrent davantage en raison de leur appareil respiratoire moins mature et qui ventile plus que celui des adultes. Autre raison, les enfants passent plus de temps en extérieur que les adultes et leur petite taille les rapprochent des polluants.

De l'asthme de plus en plus sévère

Selon le rapport, un grand nombre de pathologies "qui prennent racine dès l'enfance (asthme, allergies, eczéma, syndromes dépressifs, diabètes, obésité...) sont directement liées à la pollution de l'air." Mais pour Sébastien Lyon, directeur d'Unicef France, "la pollution de l'air n'est pas irréversible si les décisions qui s'imposent sont prises aux niveaux national et local pour améliorer la qualité de l'air. La loi d'orientation des mobilités est l'occasion de prendre des mesures concrètes".

Enfin, le rapport cite plusieurs études internationales qui estiment que vivre à proximité d'un axe routier à fort trafic provoquerait 15 à 30% de nouveaux cas d'asthme chez les enfants. Par ailleurs, les pneumologues cités dans ce rapport estiment que les pathologies sont plus sévères aujourd'hui que dans les années 1990. À cette époque, l'asthme du nourrisson pouvait se régler généralement avec un seul traitement au corticoïde, alors qu'aujourd'hui il en faut trois ou quatre pour le contrôler.