Cet article date de plus d'un an.

Pollution à Carrières-sous-Poissy : "Il faut avoir une vision claire des impacts de cette vaste décharge", demande l'association Robin des Bois

Après un siècle de pollution due aux eaux usées venues de Paris, le maire de Carrières-sous-Poissy (Yvelines) porte plainte contre X notamment pour mise en danger de la vie d'autrui. Charlotte Nithart, porte-parole de l’association Robin des Bois chiffre la préjudice à plusieurs "centaines de millions d'euros pour un site d'une taille pareille".

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Vue aérienne d'une partie de la commune de Carrières-sous-Poissy (Yvelines). (ERIC FEFERBERG / AFP)

Le maire de Carrières-sous-Poissy, dans les Yvelines, porte plainte contre X pour pollution aux métaux lourds, mise en danger de la vie d'autrui et atteinte à l'environnement. Le maire nouvellement élu veut que les pollueurs payent pour la remise en état du site. Pendant près d'un siècle, une plaine de cette ville des Yvelines a reçu les eaux usées non traitées de Paris. 350 hectares ont été pollués aux métaux lourds, notamment du plomb, du mercure et de l'arsenic. Sur franceinfo mardi 8 septembre, Charlotte Nithart, porte-parole de l’association Robin des Bois, salue cette action en justice.

franceinfo : Comment réagissez-vous après le dépôt de cette plainte?

Charlotte NithartC'est très positif, mais on regrette que les autres maires concernés par ce "Waterloo des boues et des déchets" ne se joignent pas à cette plainte. Ce ne sont pas des risques supposés, mais des risques avérés, avec des cas de saturnisme qui sont reconnus. Le plomb a un impact en particulier sur les enfants. C'est une zone où il y a des écoles, des jardins, où il y a un risque de "porter main-bouche", comme on dit, c'est-à-dire des enfants qui jouent avec la terre et qui se contaminent.

Quel est l'objectif de cette plainte ?

Elle doit régler le passif, mais aussi y mettre un terme, elle est pour l'avenir, pour que les pratiques évoluent. Il faut qu'on ait une vision claire de l'impact de cette décharge dans cette zone qui est un peu une zone maudite recouverte par des déchets, les décharges sauvages, la mer de déchets qui prennent feu périodiquement.

Qui doit payer? Peut-on estimer le montant de la facture?

Dans les personnalités juridiques qui sont responsables de cette vaste zone, il y en a qui existent toujours, notamment le SIAAP, le Syndicat interdépartemental pour l'assainissement francilien, qui a épandu jusqu'en 1995 : c'est un des co-responsables. Il y aura une solidarité avec les autorités nationales, les agences nationales, c'est-à-dire le contribuable.

Pour la facture, c'est de l'ordre de centaines de millions d'euros pour un site d'une taille pareille. La question qui se pose, c'est la faisabilité : il va falloir mettre en sécurité, évacuer les déchets solides qui sont rejetés par-dessus toute cette merde, éviter les nouveaux apports, sécuriser, mais on ne va pas pouvoir extraire tous les sols sur plusieurs mètres. En tout cas, il faut sécuriser et au moins éviter de nouveaux transferts de pollution vers les eaux superficielles. Il faut également éviter qu'il y ait des cultures dessus. De toute façon on n'arrivera pas à décontaminer totalement la zone : une dépollution complète de 350 hectares, ça paraît extrêmement difficile.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Environnement et santé

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.