Les humains ingèrent des dizaines de milliers de microparticules de plastique par an, selon un rapport

D'après des chercheurs canadiens, un homme adulte ingère jusqu'à 52 000 microparticules de plastique par an, et jusqu'à 121 000 en tenant compte de la pollution de l'air.

Des bouteilles en plastique ramassées sur une plage du Prado, 15 septembre 2018, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
Des bouteilles en plastique ramassées sur une plage du Prado, 15 septembre 2018, à Marseille (Bouches-du-Rhône). (THEO GIACOMETTI / HANS LUCAS / AFP)

Bon appétit. Les humains ingèrent et respirent des dizaines de milliers de particules de plastique chaque année, selon des recherches publiées mercredi 5 juin. Ces microplastiques, venus de la dégradation de produits aussi divers que les vêtements synthétiques, les pneus ou les lentilles de contact, se retrouvent désormais partout sur la planète, sur les plus hauts glaciers comme au fond des océans.

Des chercheurs canadiens ont mis en regard des centaines de données sur la contamination par les microplastiques avec le régime moyen et les modes de consommation des Américains. Résultat de ces estimations (qui varient individuellement selon le mode et le lieu de vie) : un homme adulte ingère jusqu'à 52 000 microparticules de plastique par an. Et si l'on prend en compte la pollution de l'air, ce chiffre passe à 121 000.

Un impact sur la santé à préciser

Quelque 90 000 particules sont à ajouter si l'on consomme uniquement de l'eau en bouteille, ajoute l'étude, parue dans la revue Environmental Science and Technology. L'impact sur la santé humaine reste à préciser, notent les chercheurs. Pour autant, les particules les plus fines (moins de 130 microns de diamètre) "peuvent potentiellement passer dans des tissus humains [et] générer une réponse immunitaire localisée", ajoutent-ils.

Pour Alastair Grant, professeur d'écologie à l'université d'East Anglia (Royaume-Uni), qui n'a pas participé à ces recherches, rien ne prouve que les particules de plastique pointées dans l'étude représentent "un danger significatif pour la santé humaine". Selon lui, il est probable que seule une petite part des éléments inhalés atteignent les poumons, notamment pour des raisons liées à la taille des particules.