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L'UE s'accorde pour réduire le CO2 émis par les voitures neuves de plus d'un tiers d'ici 2030

Les négociateurs des Etats membres de l'UE et du Parlement européen se sont mis d'accord lundi pour réduire les émissions de CO2 des voitures neuves de 37,5% d'ici à 2030. Un objectif plus ambitieux que la proposition initiale, et immédiatement dénoncé par l'industrie automobile.

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France Télévisions
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Lors d'un pic de pollution, sur le périphérique parisien, le 27 juillet 2018. (GERARD JULIEN / AFP)

Les Etats membres de l'Union européenne se sont mis d'accord, lundi 17 décembre, sur un objectif de réduction de 37,5% des émissions de dioxyde de carbone (CO2) des voitures de tourisme d'ici 2030, une solution de compromis entre pays producteurs et promoteurs d'une politique ambitieuse de lutte contre le changement climatique. Les 28 étaient en effet divisés depuis des mois sur l'ampleur de l'effort à exiger du secteur automobile pour atteindre l'objectif d'une diminution de 30% d'ici 2030 des émissions globales de gaz à effet de serre de l'UE.

L'Allemagne, dont l'industrie automobile représentait quelque 423 milliards d'euros en 2017, avait averti que des objectifs trop stricts et un virage trop brutal vers la voiture électrique risqueraient de pénaliser son économie et de supprimer des emplois. Les représentants du Parlement européen et ceux des pays membres ont finalement conclu un accord après neuf heures de discussions : les émissions de CO2 des voitures de tourisme devront diminuer de 37,5% et celles des véhicules utilitaires de 31% d'ici 2030 par rapport à leur niveau de 2021. Le compromis porte aussi sur un objectif intermédiaire de réduction de 15% pour les deux catégories de véhicules à l'horizon 2025.

"Cela ne va pas assez vite"

"C'est un signal important dans notre combat contre le changement climatique", a déclaré Elisabeth Köstinger, la ministre autrichienne du Développement durable, dont le pays occupe la présidence de l'UE jusqu'à la fin du mois. L'ONG Transport & Environnement s'est de son côté félicitée, malgré quelques réserves. "L'Europe change de vitesse dans la course à la production de véhicules à émissions nulles. La nouvelle législation signifie que d'ici 2030, environ un tiers des nouveaux véhicules fonctionneront à l'électricité ou à l'hydrogène. C'est un progrès, mais cela ne va pas assez vite pour atteindre nos objectifs climatiques", a nuancé Greg Archer, directeur de l'ONG en charge des véhicules propres.

"Je salue l'accord trouvé ce soir", a réagi de son côté le ministre de la Transition écologique français, François de Rugy, soulignant qu'il s'agissait d'"un effort important que doit faire l'industrie automobile pour prendre sa part dans la lutte contre le réchauffement climatique."

Les constructeurs se disent inquiets

Le compromis trouvé lundi est plus strict que la proposition initiale de la Commission européenne, qui prévoyait une réduction de 30% des émissions par rapport à 2021. Cette proposition était soutenue par l'Allemagne mais plusieurs autres pays, parmi lesquels la France et les Pays-Bas, avaient porté l'objectif pour les voitures à 35%. Et en octobre, les députés européens avaient voté en faveur d'une réduction de 40% d'ici 2030. 

L'industrie automobile s'était fortement mobilisée tout au long du parcours législatif du texte, arguant notamment de risques pour l'emploi. L'Association européenne des constructeurs automobiles a fait part de "graves inquiétudes" lundi. Ces nouveaux objectifs vont avoir un "effet dévastateur" sur l'emploi dans l'industrie automobile, a-t-elle averti. Et d'ajouter : "L'industrie déplore que cet objectif pour 2030 réponde purement à des motivations politiques, sans prendre en compte les réalités technologiques et socio-économiques."

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