Environnement : en Bretagne aussi, l'état du corail inquiète les scientifiques

L'Ifremer lance une mission pour analyser ce corail, qui a évolué avec les années. Il s'agit d'installer un observatoire à 1 000 mètres de profondeur, dans le canyon de Lampaul.

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Radio France
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Récif corallien du canyon de la Petite sole. (IFREMER 2011)

Il n'y a pas que le corail de la grande barrière en Australie qui provoque les inquiétudes. Les chercheurs s'interrogent aussi sur l'état de santé du corail au large de la Bretagne. L'Ifremer, l'Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer lance une mission mercredi 4 août sur cinq ans pour analyser et cartographier ce corail d’eau froide, qui a bien évolué depuis un demi-siècle.

S'il ressemble au corail tropical avec des couleurs, ses petites branches, son écosystème, le corail d'eau froide est tout de même moins exotique. Il se développe dans le noir à plus de 500 mètres de profondeur, dans des canyons ou sur les monts sous-marins. L'Ifremer va donc partir à 350 kilomètres des côtes bretonnes, pour installer un observatoire à 1 000 mètres de profondeur, dans le canyon de Lampaul.

Un premier recensement au 19e siècle

L'objectif est de collecter des informations, pour identifier et mesurer les menaces qui pourraient peser sur ces coraux, dont la répartition a bien changé, explique Julie Tourolle, du laboratoire Environnement profond : "Ce sont les pêcheurs, qui, au 19e et début du 20e siècle, ont recensé pour la première fois ces récifs de coraux. Dans les années 50, on a eu la première cartographie de ces coraux et ces massifs, on ne les retrouve plus maintenant. Cela peut être lié aux pressions humaines, ça peut être lié au chalutage, à la pollution plastique, au changement climatique et ça peut être une évolution naturelle aussi."

"On se rend compte que ces récifs disparaissent de plus en plus et donc on s'interroge sur le pourquoi."

Julie Tourolle

à franceinfo

Pour ces mesures, l'Ifremer va installer une plateforme de quatre mètres sur deux. Une exploration à distance, décrypte Bertrand Moreau, responsable de l’observatoire : "Ce sont des robots qui descendent. L'Ifremer possède plusieurs 'roves' [remotely operated vehicle], nous on va utiliser un petit qui s'appelle Ariane, qui est muni de bras manipulateurs et qui va nous permettre de déployer l'observatoire."

Pour tenter d'élucider le mystère des coraux en eau froide, les chercheurs vont recueillir des données océanographiques et géographiques. Ils vont aussi filmer 15 minutes par jour. Le gros des informations sera stocké dans un ordinateur, protégé par un bidon en titane, qui sera remonté au bout d’un an.

Les scientifiques étudient l'évolution du corail en Bretagne, le reportage d'Etienne Monin
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