Décharges sauvages : "Il faut prendre des mesures radicales", selon la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment

Il faudrait recenser les déchetteries légales, selon Patrick Liébus pour savoir "ou en ouvrir de nouvelles".

Une décharge sauvage. (Illustration). 
Une décharge sauvage. (Illustration).  (PIERRE HECKLER / MAXPPP)

Le président de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment a estimé vendredi 9 août sur franceinfo qu'il fallait mettre en place "des mesures radicales" pour lutter contre le phénomène des décharges illégales. Patrick Liébus plaide notamment pour un recensement des déchetteries légales afin de savoir "ou en ouvrir de nouvelles". Il réagissait alors que se déroule vendredi les obsèques du maire de Signes (Var) tué pendant qu'il empêchait deux employés d'une entreprise de travaux publics de déverser des gravats sur un terrain privé.

franceinfo : Comment faire pour lutter contre les décharges sauvages ?

Patrick Liébus : Il faut prendre des mesures radicales. Et nous y travaillons, notamment avec la secrétaire d'État [auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire] Brune Poirson. Selon moi, il faut créer des décharges officielles où l'on peut déposer et trier les déchets et les gravats. Mais il faut également faire attention à ce que les particuliers font de leurs déchets. Il y a aussi des pseudos-entreprises qui utilisent de manière plus ou moins légale ces décharges sauvages. C'est un scandale. Il faut absolument que cela s'arrête. Il est insupportable de se promener dans les bois ou en montagne et de tomber sur des décharges de ce type-là. Il faut donc que la ministre Brune Poirson, les députés mais aussi les associations se mettent autour de la table et trouvent des solutions.

Quand vous parlez de pseudos-entreprises, vous parlez du travail au noir. Le phénomène des décharges sauvages va-t-il de pair avec le travail clandestin ?

Le phénomène s'est accru ces dernières années, à partir du moment où le travail clandestin s'est accentué. Et puis on a vu l'émergence de nombreux statuts d'entreprise, avec des personnes qui travaillent sur le territoire national mais qui ne respectent pas les lois françaises. Il faut donc prendre des mesures, mais il faut également que les sanctions soient à la hauteur. Ce n'est pas possible qu'un homme perde la vie à cause d'une personne qui déverse illégalement des déchets.

Quelle serait la première mesure à prendre aujourd'hui pour lutter contre ces dépôts sauvages d'ordures ?

Il faudrait déjà recenser toutes les déchetteries légales en France et voir ainsi où l'on devrait en ouvrir de nouvelles. On sait très bien que dans des petites communes il est difficile d'ouvrir des déchetteries qui permettent de traiter les déchets de la construction, notamment. Plus globalement, on travaille sur ces sujets-là et on veut bien que certaines choses soient mises en place mais à une condition, que les industriels qui fabriquent et vendent les produits participent pour que l'on puisse avoir des déchetteries à la hauteur.

Le problème ne vient-il pas du coût de dépôt de ces déchets pour les entreprises dans les déchetteries ?

Les professionnels du bâtiment paient à la tonne, en fonction des matériaux que l'on amène à la déchetterie. C’est un coût que l'on peut intégrer au devis. Et d'ailleurs, il faut sensibiliser les clients à ce phénomène. Il faut qu'ils fassent attention à ce que les entreprises qui travaillent pour eux transportent leurs déchets dans une décharge de manière réglementaire.