Cosmétique : "Des produits contenant des ingrédients chimiques et polluants pourront se revendiquer bio"

Un collectif d’associations et de professionnels du bio dénonce vendredi la nouvelle norme concernant les cosmétiques naturels et biologiques qui sera adoptée à la fin de l’année. 

Image d\'illustration : un rayon du magasin Biocop.
Image d'illustration : un rayon du magasin Biocop. (MAXPPP)

"Les produits contenant des ingrédients chimiques et polluants pourront légalement se revendiquer bio", selon la norme ISO 16 128 relative à la nouvelle définition des produits cosmétiques naturels et biologiques qui entrera en vigueur à la fin de l’année, explique vendredi 29 septembre un collectif d’associations et de professionnels du bio.

"Pas de pourcentage minimal de bio"

"Contrairement aux référentiels de certification privés, la norme ISO 16 128 qui entrera en vigueur fin 2017, n’impose pas de de pourcentage minimal de bio dans le produit fini, précise ce collectif composé de Cosme bio, Générations Futures ou encore WECF. Elle tolère également la présence de composants controversés dans les formulations, comme le phénoxyéthanol, les parabènes, les silicones ou les dérivés d’animaux morts."

"Des allégations 'naturel' ou 'bio' pourront donc être légalement apposées sur des cosmétiques à haute concentration d’ingrédients synthétiques", ajoute le collectif de professionnels dans leur communiqué.

Aucune règle concernant l'étiquetage des produits

Par ailleurs, la norme ISO 16 128 ne fixe aucune règle concernant l’étiquetage des produits. "Le consommateur ne pourra donc pas compter sur le principe de transparence cher aux acteurs historiques du bio", dénoncent encore les professionnels.

Cette nouvelle norme sur le bio vise à harmoniser les définitions du bio et du naturel selon la Fébéa, la Fédération des entreprises de la beauté, qui se réjouit de la décision. Le bio serait ainsi accessible selon elle à un plus grand nombre de fabricants.

La Fébéa pointe une "mauvaise compréhension"

Face a ces accuations Anne Dux, directrice des affaires scientifiques au sein de la Fébéa, a tenu a réagir au micro de franceinfo. Selon elle, cette norme est une "norme internationale qui aboutit à un consensus entre toutes les régions du monde. Les ingrédients que l’on appelle biologique seront tous les mêmes avec les mêmes critères". Cette norme "n’a aucune vocation à dire quelles conditions il faut remplir pour qu’un produit puisse dire qu’il est biologique", a-t-elle expliqué.

"Un produit biologique devra toujours être conforme à un cahier des charges publié, donc éventuellement à un cahier des charges de Cosme Bio ou à un autre cahier des charges d’un label de droit privé", a-t-elle tenu à rassurer.

D'après Anne Dux, "il y a une mauvaise compréhension des responsables de label". "Les appellations des produits ne changeront pas. Ce qui change, c’est que quand on dira qu’un ingrédient est naturel, tout le monde dira la même chose", a-t-elle précisé. Il n’y a aucun argument qui puisse laisser penser que les produits bio vont contenir des ingrédients qui ne sont pas autorisés."