VIDEO. "Ils sont peu nombreux, ils ne sont pas déconcentrés" : une journée d'école à la maison, c'est ça

Ces familles ont choisi de faire l'école à la maison, une méthode remise en question par le projet de loi contre les séparatismes. Et pour les enfants, voilà ce que ça change…

BRUT

Raphaëlle, Mylann, Neela, Noam… Cette famille fait l'école à la maison, sans séparation d'âge. Brut a suivi leur journée d'école. "Dans l'instruction en famille, on cuisine beaucoup. Déjà, parce que les enfants passent du temps à la maison et donc tous les repas sont à cuisiner", raconte Raphaëlle, la mère de famille. Selon elle, c'est un moyen d'aborder un certain nombre de compétences transversales en mêlant partage et bonne humeur : "On peut aborder les proportions, la physique aussi, on travaille sur les matières, le liquide, le solide et du coup, ça leur apprend à cuisiner aussi."

Plus de partage... et de lecture

Les familles qui font l'instruction à la maison créent leur propre emploi du temps. "On travaille comme on veut, quand on veut et c'est ça ce qui est bien, c'est qu'on est libres de faire ce qu'on veut, de travailler les multiplications et les divisions quand on veut", se réjouit Neela, la fille de Raphaëlle. Une de ses amies, Thalia, pratiquait aussi l'instruction à la maison mais depuis cette année, elle va à l'école. "À l'école, on lit beaucoup moins, on lit des livres mais ça n'est pas super intéressant, c'est pas nous qui l'avons choisi", regrette-t-elle. Outre la lecture, Thalia est nostalgique du temps de partage qu'elle avait lorsqu'elle faisait l'école à la maison. "J'ai l'impression de ne plus rien partager. Mon travail, je ne le partage pas avec les autres je le garde pour moi alors qu'avant je pouvais lire, faire la lecture à ma petite sœur", se souvient-elle.

Comment procéder ?

Pour faire l'instruction à la maison, la famille doit justifier d'un projet pédagogique. Ils sont contrôlés plusieurs fois par an par l'éducation nationale. Avec le confinement, de nouvelles familles essaient l'instruction à la maison (IEF). 91% des IEF sont organisées par les mères comme Emma que Brut a rencontrée. "Le matin, c'est plutôt tout ce qui est, on va dire, les matières qui demandent le plus d'énergie intellectuelle. Maths et Français, c'est ce qui pompe le plus, au niveau de l'apprentissage", souligne-t-elle. Elle poursuit : "L'après-midi, on est plutôt dans tout ce qui est éveil. De l'histoire, de la géo, des sciences, botanique…" Pour que tout se déroule au mieux, Emma adapte les cours aux particularités de ses quatre enfants. Plusieurs d'entre eux ont été diagnostiqués "Haut Potentiel" et connaissent des troubles de l'attention. "Pour moi, l'école, elle doit être capable d'accueillir tous les enfants, qu'elle que soit leur capacité, leur handicap, leur facilité, aujourd'hui, ce n'est pas le cas malgré toute leur bonne volonté", dit-elle.

Jusqu'ici, les parents avaient la liberté d'opter pour l'instruction en famille. Avec le projet de loi contre les séparatismes, faire l'école à la maison sera soumis à autorisation et plus strictement encadré.

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VIDEO. "Ils sont peu nombreux, ils ne sont pas déconcentrés" : une journée d'école à la maison, c'est ça (BRUT)