Journée du refus de l'échec scolaire : 44 % des collégiens en zone prioritaire s'ennuient en classe, selon une enquête de l'Afev

Les trois quarts des collégiens interrogés assurent aimer un peu ou beaucoup aller en classe, selon l'association de la fondation étudiante pour la ville.

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Radio France
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Collège REP+ Lou Blazer, à Montbéliard, en 2020. (CHRISTOPHE BECK / FRANCE-BLEU BELFORT-MONTBÉLIARD)

Sur 882 collégiens en zone prioritaire interrogés (des établissements classés REP et REP+), près de la moitié avoue s'ennuyer en classe. C'est le résultat d'une enquête réalisée en mai et en juin 2021 par l'association de la fondation étudiante pour la ville (Afev). Elle vise à accélérer la lutte contre les inégalités éducatives après la crise du Covid-19.

Si trois quarts des collégiens interrogés assurent aimer un peu ou beaucoup aller en classe, 44 % d'entre eux s'y ennuient. Un chiffre stable depuis 2008, alors que l'étude démontre qu'un élève intéressé aime davantage l'école.

Des élèves ressentent également un sentiment de mal-être non négligeable, mais en recul. Ils sont 1 sur 6 à le ressentir. Les principales raisons de ce mal-être sont : la fatigue, pour 57 % des collégiens, le stress liés aux interrogations et aux contrôles (56 %) et le jugement des autres (49 %).

Un mal-être prégnant surtout chez les filles

Un tiers des élèves sondés confient avoir régulièrement mal au ventre le matin. Un malaise exprimé par exemple par des collégiens des quartiers populaires de Nanterre (Hauts-de-Seine), en éducation prioritaire renforcée.

Les causes de ce mal-être peuvent aussi se trouver dans les relations conflictuelles et parfois violentes entre les élèves. Un tiers (28 %) des collégiens a déjà subi des moqueries, des violences des vols ou des rackets et presque la moitié (45 %) connaît quelqu’un qui en a été victime. Ces violences s’étendent sur la sphère virtuelle : 6 % des enfants ont déjà été victimes de moqueries occasionnelles sur les réseaux sociaux.

L’espace du collège est vécu comme plus hostile par les filles. En effet, elles sont plus nombreuses à se sentir mal à l’aise au collège (21 % contre 9 %) et à avoir mal au ventre (36 % contre 19 %). Les jeunes filles sont plus nombreuses à expliquer ce mal-être par le stress, la fatigue et le jugement des autres et le manque d’envie d’aller au collège. Elles se sentent également plus seules, moins comprises et sont plus souvent victimes de moqueries (24 % contre 14 % des garçons).

Si ce mal-être est persistant, il est cependant légèrement en recul : en 2010, 26 % des collégiens se sentaient mal à l’aise au collège (contre 16 % aujourd’hui).

La peur de l'échec

Malgré une baisse de 6,5 points depuis 2010, on constate tout de même que 36 % des enfants interrogés ne participent que rarement ou jamais en classe. La première raison évoquée est la peur de parler devant tout le monde (55 %), suivie par la peur de se tromper (42 %) et la non-connaissance de la réponse (28 %). La peur de l’échec est donc prégnante.

Les parents eux s'investissent de plus en plus dans l'aide aux devoirs. Ils étaient 14 % en 2013, en 2020 ils sont 21 %. Un possible effet du confinement, selon l'Afev : une période où les familles ont été obligées de se pencher précisément sur le travail de leur enfant.

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