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Épidémie de bronchiolite : "La situation continue de se dégrader" en pédiatrie, alerte une neuropédiatre

Mélodie Aubart, neuropédiatre à l'hôpital Necker à Paris, demande des mesures fortes du gouvernement pour faire face à une situation "critique".

Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Une infirmière et une mère au chevet d'un enfant atteint de bronchiolite, à l'hôpital Pasteur de Colmar (Haut-Rhin). (HERVE KIELWASSER / MAXPPP)

L'épidémie de bronchiolite cause beaucoup de difficultés dans les hôpitaux français. Mardi 1er novembre, toutes les régions métropolitaines, sauf la Corse, sont en alerte rouge, c'est-à-dire en niveau d'alerte épidémique. Mélodie Aubart, neuropédiatre à l'hôpital Necker à Paris, alerte sur franceinfo sur une situation qui ne fait qu'empirer. Elle a rassemblé 7 000 signatures de soignants dans une lettre ouverte destinée à Emmanuel Macron.

Avec l'épidémie de bronchiolite, la situation dans les hôpitaux "ne pouvait que se dégrader, elle continue de se dégrader tous les jours", juge Mélodie Aubart, avec "des plans blancs déclenchés à Rouen, à Bordeaux..." La neuropédiatre parisienne ira toquer à la porte de l'Élysée mercredi 2 novembre, car les alertes précédentes n'ont pas eu de réponse de la part du gouvernement : "Nous voulons qu'il y ait une reconnaissance de l'État du caractère critique de cette situation. Nous voulons une reconnaissance de la responsabilité de l'État, pas seulement de ce gouvernement, mais de tous les gouvernements passés. Nous voulons que des mesures fortes, structurelles, urgentes soient mises en place".

Jusqu'à 16 enfants malades pour une infirmière

Car la situation est grave, selon Mélodie Aubart. "Nous avons des professionnels de santé qui alertent sur une crise sanitaire qui est en train de se dérouler sous les yeux de tous". Le gouvernement a annoncé dimanche 23 octobre une aide financière de 150 millions d'euros à destination de plusieurs services hospitaliers. "On a l'impression d'être sur le Titanic, et que le gouvernement est en train d'écoper avec une cuillère en plastique", regrette la neuropédiatre à l'hôpital Necker.

Elle et son collectif de soignants pédiatriques attendent "l'instauration d'un ratio nombre de patients, en l'occurrence d'enfants, par infirmière. Il y a encore des services en France, où une infirmière s'occupe de 16 enfants malades la nuit. C'est inadmissible. On ne peut pas soigner correctement les enfants".

Mélodie Aubart rappelle qu'il faut "évidemment revaloriser les salaires. Nous sommes avant-derniers sur les salaires en Europe par rapport au salaire moyen". Sans compter la sanctuarisation des temps de formation, des temps de projet collectif. Cela permettrait aux soignants d'arrêter de "culpabiliser, de s'inquiéter pour leurs patients".

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