Des médecins lancent un "appel solennel" à protéger les enfants et les ados du porno

Ce cri d'alarme est émis par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français.

Illustrations de sites interdits aux mineurs sur internet, le 6 mars 2014 sur un écran d\'ordinateur à Paris.
Illustrations de sites interdits aux mineurs sur internet, le 6 mars 2014 sur un écran d'ordinateur à Paris. (MAXPPP)

Des médecins lancent un "appel solennel" aux pouvoirs publics à protéger les enfants et les ados contre les contenus pornographiques. Ce cri d'alarme a été émis par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français, vendredi 15 juin.

Ces professionnels de santé demandent que la loi sur la protection des mineurs soit fermement appliquée, que des campagnes d'information et de sensibilisation destinées aux enfants, aux ados et aux parents soient régulièrement faites et que l'information sur la sexualité soit généralisée et renforcée en milieu scolaire.

Un jeune sur cinq, au moins une fois par semaine

Le professeur Israël Nisand, président du Collège, propose de rendre obligatoire de donner des coordonnées de carte bancaire pour accéder aux sites X et d'imposer de lourdes amendes à ceux qui ne s'y plieraient pas. Aujourd'hui, pour accéder aux sites X gratuits, un simple clic sur une case "J'ai 18 ans ou plus" suffit généralement.

Un jeune de 14 à 24 ans sur cinq (21%) dit regarder de la pornographie au moins une fois par semaine (15% chez les 14-17 ans), 9% une fois par jour et 5% plusieurs fois par jour, selon une enquête Ipsos réalisée pour le Fonds actions addictions et la Fondation Gabriel-Péri et celle pour l'innovation politique. 

Mais visionner des images pornographiques n'est pas toujours voulu. Plus de 50% des 15-17 ans disaient être déjà tombés dessus sans l'avoir cherché, dans un sondage Ifop de mars 2017. Et les parents sous-estiment fortement la fréquence de cette consommation. Selon l'enquête d'Ipsos, ils ne sont que 7% à penser que leurs enfants regardent du porno une fois par semaine, alors que ceux-ci sont trois fois plus nombreux à le dire.