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Congé paternité : "On n’a pas le temps de prendre une part active dans l’arrivée du bébé"

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Brut : Hugo Gaspard
Brut : Hugo Gaspard Brut : Hugo Gaspard
Article rédigé par Brut.
France Télévisions

Fondateur du magazine Daron, Hugo Gaspard mène un combat pour l'allongement de la durée du congé paternité en France. 

Actuellement, en France, les congés pour les pères se divisent en deux : trois jours de naissance et onze jours de de congés non obligatoires. Mais pour Hugo Gaspard, fondateur de Daron, un magazine masculin de société dédié aux pères, "pendant ces onze jours-là, on n’a pas le temps de prendre une part active dans l’arrivée du bébé. Il faut pouvoir apprendre les bons gestes, à anticiper les besoins du nourrisson, qui ne sont pas des choses innées." Son combat : allonger la durée du congé paternité.

Lui préconise un doublement de cette durée, soit 22 jours calendaires. Cela permettrait au père de "prendre une part plus active à la fois dans sa manière d’appréhender sa nouvelle paternité et dans la vie du foyer." Cette évolution du congé paternité s’inscrit, d’après lui, dans une tendance à "une envie de parentalité qui est plus forte" : "Les nouvelles générations de pères qui arrivent, on a des profils complètement différents, plus complexes et on a envie de s’impliquer." 

"Trouver sa place en tant que père ce n’est pas si facile que ça."

S’il est vrai que les pères peuvent aussi prendre un congé parental d’une durée maximum de trois ans, Hugo Gaspard a remarqué qu'"il y a très peu de pères qui le prennent" et que c’est majoritairement la femme qui "va faire ce choix de sacrifier une partie de son salaire". La principale raison, d’après lui, c’est que "le dispositif qui est mis en place n’incite pas les pères à faire ce choix."

Aujourd’hui, "c’est compliqué pour un papa de justifier de s’arrêter pour s’occuper de ses enfants." souligne Hugo Gaspard. Il estime que c’est parce que "le poids des conservatismes et des stéréotypes est encore très prégnant dans la société française. Et, malgré tout, trouver sa place en tant que père ce n’est pas si facile que ça." Pour cela, il faut que "le politique apporte une réponse et surtout que les mentalités évoluent."

Par conséquent, le fondateur de Daron est "intimement convaincu" que pour résoudre les inégalités il faut modifier "la vision qu’ont les gens et notamment les chefs d’entreprise, de la paternité (…) et de la carrière." Lui estime qu’il n’y a "aucune raison de se dire que parce qu’on est maman on doit mettre fin à sa carrière, ou l’envisager d’une manière différente, et que quand on est papa, c’est pas le cas."

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