Un spray anti-overdose autorisé en France

Le Nalscue®, un antidote aux overdoses d’opiacé à base de Naxolone a obtenu son autorisation de mise sur le marché.

"C’est une très bonne nouvelle, cela relève du bon sens de ne plus être limité par l’ATU… On va pouvoir sauver plus de vie", commente le professeur Amine Benyamina, psychiatre, addictologue et président la Fédération Française d’Addictologie.

Ce spray nasal, simple d’utilisation, permet de diffuser rapidement la Naloxone, une molécule qui agit comme un antagoniste aux récepteurs  de la morphine. Elle permet de déplacer la morphine de ces sites récepteurs et d’arrêter son action. En cas d’overdose, des signes de dépression respiratoire peuvent apparaître. L’administration de ce médicament permet de sortir le toxicomane d’un état comateux. Mais son effet antidote n’est que temporaire, et ne remplace pas la prise en charge du SAMU et l’hospitalisation.

Depuis juillet 2016, le Nalscue®, avait une autorisation temporaire d’utilisation (ATU). Son administration était donc restreinte. Seul les CSAPA, les centres de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie, ayant une pharmacie pouvaient en fournir aux patients à risques. Désormais avec l’AMM, ce médicament pourra être délivré en pharmacie sur prescription médicale non obligatoire. Les patients concernés devront néanmoins être porteur d’une carte spéciale. Il s’agit de permettre aux usagers de drogue à un risque élevé, de pouvoir disposer, en urgence, d’un médicament antidote à portée de main et d’éviter le risque de décès. 

Sauver plus de vie

Dans son rapport annuel de 2017, fondé sur des données collectées en 2015 et 2016, l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) note "une augmentation, pour la troisième année consécutive, du nombre de décès par surdose de drogue". De plus, les données les plus récentes fournies par l’observatoire français des drogues et des toxicomanies, rapporte le chiffre de 349 morts par overdose en France en 2013. L’ATU délivrée au Nalscue® a permis durant l’année écoulée de former le personnel à un protocole précis et de donner des garanties à l’état sur l’efficacité du dispositif.  En un an, une dizaine de vie ont été sauvées grâce à ce spray anti-overdose. Avec l’extension de cette autorisation, les professionnels de santé espèrent améliorer ce chiffre.

Former l’entourage

Il est peu probable que l’usager de drogue puisse s’auto-administrer l’antidote. C’est son entourage qui devra le faire, selon le professeur Amine Benyamina. "L’entourage familial et professionnel dans les milieux à risque doivent se former à ce geste pour sauver la vie de quelqu’un a fait une overdose, comme nous le faisons déjà pour les gestes de secours en cas d’arrêt cardiaque."

L’ANSM rappelle que l’administration de ce médicament ne se substitue pas aux soins d’urgence dispensés par une structure médicale. Les secours (15 ou 112) doivent être appelés systématiquement. La mise en conformité à l’AMM sera effective dans environ 3 mois.