Hausse du paquet de cigarettes : "On ne peut pas laisser 200 personnes par jour mourir", estime le ministre de la Santé

Aurélien Rousseau est revenu mercredi sur le plan de lutte contre le tabagisme annoncé la veille. Le prix du paquet de cigarettes doit notamment atteindre 13 euros courant 2026. "Les addictologues disent qu'à partir d'un euro, ça a un effet comportemental", précise le ministre de la Santé.
Article rédigé par franceinfo
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Des paquets de cigarettes le 21 novembre 2023 (photo d'illustration). (KETTY BEYONDAS / MAXPPP)

"Le tabac, c'est 200 morts par jour. On doit réagir", alerte Aurélien Rousseau, ministre de la Santé, sur franceinfo mercredi 29 novembre. Le prix du paquet de cigarettes passera à 12 euros en 2025, puis 13 euros courant 2026. "J'ai annoncé ces mesures un an à l'avance parce que quand vous avez une inflation extrêmement forte, les Français sont très préoccupés par leur pouvoir d'achat", explique-t-il. Il est "indispensable" selon lui, qu'ils comprennent que c'est de "la santé publique" et que l'État "ne leur fait pas les poches".

"On ne peut pas laisser 200 personnes par jour mourir", insite Aurélien Rousseau. "Si à la fin de la mise en oeuvre de ce plan, il y a 10-20-50-100 personnes de moins par jour qui meurent des effets du tabac, cela aura été une réussite", pour le ministre de la Santé.

Il entend la critique d'Alliance contre le tabac qui juge qu'"arriver à 13 euros en 2027, c'est extrêmement insuffisant". Son président, Loïc Josseran, déplore un manque de "courage politique". Aurélien Rousseau assure qu'il "n'a pas peur des buralistes" qu'il faudra par ailleurs "accompagner parce que de plus en plus, ils ne peuvent plus compter uniquement sur le tabac". Puis le ministre se justifie : "Mon sujet c'est qu'il y ait un vrai effet de santé publique. Je respecte la position d'Alliance contre le tabac mais les addictologues disent qu'à partir d'un euro, ça a un effet comportemental. Là, on a deux fois un euro. Donc, ça aura un effet". Par ailleurs, il souligne que "si un autre produit augmentait autant aujourd'hui, on hurlerait. Il y a un vrai impact fiscalité".

Plages, forêts et parcs publics sans tabac

Mais dans le même temps, le ministre ne souhaite pas que la hausse du prix des cigarettes soit perçue "juste comme une mesure fiscale". Par ailleurs, "cela ne peut pas marcher si c'est que punitif", estime-t-il. Aurélien Rousseau mise ainsi sur "plan d'accompagnement" pour que 2024 soit une année "où collectivement, on essaie d'arrête de fumer". Le ministère de la Santé et de la Prévention "va développer tous les outils possibles", assure-t-il.

Aurélien Rousseau a également annoncé mardi 28 novembre que les espaces sans tabac vont être généralisés à toutes les plages, parcs publics, forêts, et aux abords de certains lieux publics, notamment les établissements scolaires. Il appelle sur franceinfo, "au bon sens" et au "civisme". "Il n'y a qu'en France, qu'on fume à côté des écoles". L'objectif : protéger "les plus fragiles". Les fumeurs qui dérogeront à ces nouvelles règles s'exposeront à une contravention, "puisque c'est interdit" mais "le but c'est d'abord le civisme". Aurélien Rousseau est confiant : "Dans les 7 200 espaces sans fumeurs en France [...] c'est très largement respecté".

Le gouvernement veut également s'attaquer aux puffs, ces cigarettes électroniques jetables aux arômes variés, souvent sucrés, et prisée par les jeunes. Une proposition de loi transpartisane visant à les interdire est en examen à l'Assemblée nationale. "Il y aura des allers-retours avec la Commission européenne parce qu'il y a un sujet d'interdiction d'un produit et donc d'atteinte à la concurrence". Toutefois, le ministre de la Santé veut "faire la différence entre ces produits pour attirer de nouveaux publics", les jeunes en l'occurence, et "les gens qui ont arrêté de fumer et qui passent par la vapoteuse pour s'arrêter". Aurélien Rousseau redit que le gouvernement va "essayer" de mettre en place "un paquet neutre sur la vapoteuse".

Le tabagisme est toujours la première cause de mortalité évitable en France, avec en moyenne 75 000 décès par an, selon le dernier bilan du ministère de la Santé et de la Prévention, publié mardi 28 novembre.

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