Vidéo "J'ai embarqué avec les narcos" : pour le dealer à Paris, c’est 6 000 euros de bénéfice en une semaine

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Complément d'enquête. "J'ai embarqué avec les narcos" : pour le dealer à Paris, c’est 6 000 euros de bénéfice en une semaine

"Complément d'enquête" propose un document rare qui permet de suivre l'acheminement de la cocaïne tout au long de sa "nouvelle route", sur trois continents. Dans cet extrait, le long périple de la poudre blanche touche à sa fin. Le journaliste a rendez-vous avec le dernier maillon de la chaîne : le dealer parisien.

"Complément d'enquête" propose un document rare : le reporter Thierry Gaytán a gagné la confiance d'un réseau de narcotrafiquants et suivi de A à Z le trajet de 500 kilos de cocaïne destinée à la consommation européenne. Venue de Colombie en passant par l'Afrique, au bout d'un périple de 10 000 kilomètres, la marchandise arrive à sa destination finale : Paris, devenue la capitale européenne de la consommation de poudre blanche.

La marchandise est passée par l'Espagne, où les dealers l'achètent 29 000 euros le kilo. C'est trente-cinq fois plus cher qu'en Colombie, où un sac de feuilles de coca d'une valeur de 10 euros permet d'obtenir un kilo de cocaïne, ensuite vendu 800 euros. A Paris, la poudre blanche se vendra facilement... surtout le week-end. 

Entre les montagnes colombiennes et Paris, la coke a vu son prix multiplié par 100

Dans un petit hôtel discret, le journaliste a rendez-vous avec le dernier maillon de la multinationale de la cocaïne : le dealer parisien. Kevin, la trentaine, a acheté à Madrid 100 grammes de cocaïne, qu'il a payés 2 900 euros. Il la revendra 80 euros le gramme, soit 100 fois plus que son prix initial – non sans l'avoir coupée avec 20% de caféine. Cette coupe qu'il appelle "turbo S" lui permet "de gratter 20 grammes sur 100 grammes" pour augmenter sa marge.

D'après Kevin, qui "se fait une petite trace" pour la goûter, la qualité du "produit" est telle que "ça ne se voit pas qu'elle a été coupée". Il confectionne ensuite de petits sachets d'un gramme. Il les vendra à l'unité, à des consommateurs qu'il dit issus de toutes les couches de la société.

La cocaïne est un produit rentable : le dealer peut la revendre trois fois le prix qu'il l'a payée. Avec une mise de 2 900 euros, Kevin empoche 9 000 euros de recettes. Cette semaine, en vendant une vingtaine de grammes par jour, il a réalisé un bénéfice de 6 000 euros. 

Extrait de "Medellín-Paris : j'ai embarqué avec les narcos", un document rediffusé dans "Complément d'enquête" le 4 février 2021.

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