La cigarette électronique présente "des dangers infiniment moindres" pour la santé

Elle ressemble à un stylo-bille, est souvent considérée comme un remède contre le tabagisme, pourrait avoir un impact sur la santé... Francetv info fait le point sur la e-cigarette, alors que la ministre de la Santé a reçu un rapport sur ses effets.

Environ 500 000 Français auraient désormais adopté la cigarette électronique.
Environ 500 000 Français auraient désormais adopté la cigarette électronique. (MAXPPP)

Avis aux "vapoteurs" : le gouvernement pourrait interdire les cigarettes électroniques dans les lieux publicsLa ministre de la Santé, Marisol Touraine, a reçu mardi 28 mai un rapport sur les effets des e-cigarettes (PDF), contenant une vingtaine de recommandations d'experts. Ce dernier devrait être déterminant pour l'avenir de ce produit, utilisé par 500 000 Français selon Les Echos (article payant) en août 2012. 

Vous ne savez toujours pas en quoi consiste exactement une cigarette électronique ? Francetv info vous explique.

Comment fonctionne une cigarette électronique ?

Reproduisant la forme et les sensations d’une cigarette classique, une "e-cigarette" est un ustensile électrique composée de trois parties.

Alimenté par une batterie, un atomiseur chauffe le liquide d'une cartouche. Lorsque l'utilisateur aspire, le liquide, mélangé à l'air, se transforme en vapeur inodore ou parfumée. Sur certains modèles, une diode, située à l'extrémité de la cigarette, simule visuellement la combustion de la cigarette traditionnelle, comme le montre cette infographie explicative de Sciences et Avenir.

Que contient le liquide ?

Dans les cartouches, on ne trouve pas de tabac ou de goudron, mais un liquide composé de propylène glycol (80%), de glycérine végétale (20%) ainsi que d'une petite quantité d'arômes alimentaires, d'eau et d'alcool.

Le propylène glycol est un solvant "couramment utilisé dans les gels douches, certains médicaments ou encore les produits alimentaires", décrypte le docteur Gérard Mathern de la société française de tabacologie, sur RTL.fr. Quant à la glycérine végétale, on la trouve dans les industries alimentaires, comme additif, ou dans des produits cosmétiques pour la beauté de la peau et des cheveux.

La nicotine est optionnelle et proposée à différents dosages, ce qui permet à l’utilisateur de choisir la quantité qu'il veut absorber, allant d’une absence totale de nicotine jusqu'à des doses maximales de 18 mg/ml. Pour varier les plaisirs, il est possible de choisir des cartouches aux différents arômes : tabac, menthol, mais aussi des goûts fruités.

Où peut-on en acheter ?

Jusqu'en 2011, les cigarettes électroniques n'étaient vendues que sur internet ou dans quelques pharmacies. Depuis 2012, les magasins spécialisés se développent en France et en Europe. On y trouve des cigarettes électroniques jetables dès 9 euros et des rechargeables entre 35 et 90 euros, le flacon de liquide coûtant 6 euros en moyenne.

Début mai 2013, Thierry Lazaro, député UMP du Nord, a confié au micro de RTL qu'il voulait "déposer une proposition de loi à l'Assemblée nationale pour que les cigarettes électroniques ne soient plus vendues en boutiques spécialisées mais uniquement dans des bureaux de tabac". Selon lui, il s’agit d’une incitation à fumer, alors "pourquoi dans ce cas-là, ne pas l'intégrer au réseau de distribution ?", s’interrogeait-il.

Représente-t-elle un danger pour la santé ?

Le rapport sur les effets de l’e-cigarette, publié mardi 28 mai, explique que la cigarette électronique "bien fabriquée et bien utilisée est en elle-même un produit qui présente des dangers infiniment moindres que la cigarette, mais les dangers ne sont pas totalement absents".

Le manque de recul et d'études font qu'il est difficile d’évaluer les risques sur la santé d’une cigarette électronique. Si le propylène glycol et la glycérine végétale, composants de l'e-liquide, ne présenteraient pas d'effets indésirables ou cas d’intoxication, les effets de l'inhalation à long terme de ces produits restent peu étudiés. Autres sujets de préoccupation : la qualité du liquide, qui peut se répandre et entrer en contact avec la peau ou être ingéré, et celle de la "vapeur", qui "peut provoquer ou entretenir une dépendance à la nicotine", d'après le rapport.

Aide-t-elle à arrêter de fumer ?

Souvent présentée comme une alternative au tabac permettant d’arrêter de fumer ou de réduire le risque de retour au tabagisme, la cigarette électronique serait en effet "favorable à la la réduction des dommages liés au tabac si elle s’adresse essentiellement à des fumeurs dépendants", à court ou long terme, analyse le rapport.

Pourtant, en "développant un discours autour de cigarettes saines, on contribue à 'renormaliser' le tabac dans notre société", ajoute le document. Un usage décomplexé de la nicotine pourrait donc ouvrir aux non-fumeurs une nouvelle porte vers le tabac et sa dépendance.

Les experts préconisent ainsi de "mettre en œuvre des mesures pour éviter toute promotion et toute facilitation de l’accès de l’e-cigarette aux mineurs et aux sujets n’ayant jamais fumé".