Cannabis à visée thérapeutique : l'ANSM espère "avoir pour 2020 les conditions d’une généralisation de [son] utilisation"

L'Agence nationale de sécurité du médicament, l’ANSM, vient de rendre un avis positif aux conclusions d’un groupe d’experts indépendants sur l'utilisation du cannabis thérapeutique.

Le directeur général de l’ANSM, Dominique Martin.
Le directeur général de l’ANSM, Dominique Martin. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a annoncé, jeudi 27 décembre dans un communiqué, être favorable à l'utilisation du cannabis thérapeutique dans les situations thérapeutiques retenues par le groupe d'experts indépendants (CSST).

En souscrivant aux conclusions de ce groupe d’experts, l’ANSM se dit favorable à l’utilisation du cannabis thérapeutique dans des cas bien précis : douleurs réfractaires aux thérapies existantes, pour soulager certains patients atteints de sclérose en plaque ou souffrant de cancers, ou pour certaines formes sévères d’épilepsie.

Une nouvelle étape mais pas la dernière

"Une fois qu’on a dit qu’il était pertinent d’utiliser le cannabis à visée thérapeutique, la question c’est comment ? Quelle production ? Quelle distribution ? Quelle délivrance ? Il n’est pas question d’utiliser le cannabis dans n’importe quelles conditions. Il faut les définir,"  précise le directeur général de l’ANSM, Dominique Martin.

Ce sera le but de quatre nouvelles réunions de ce groupe d’experts indépendants qui se tiendront de janvier à juin. Et là encore, l’Agence nationale de sécurité du médicament devra dire si elle souscrit -oui ou non- aux conclusions. Si c’est le cas, on passera alors à la phase d’expérimentation, c’est-à-dire tester dans certaines régions l’usage du cannabis thérapeutique.  

L’expérimentation devrait pouvoir se mettre en place dès le deuxième semestre 2019, nous l’espérons. Et de façon d’avoir, pour 2020, les conditions d’une généralisation de l’utilisation du cannabis à visée thérapeutique.Dominique Martin, directeur général de l'ANSMà franceinfo

La France rejoindrait alors la trentaine de pays dans le monde, dont 21 dans l’Union européenne, qui autorisent déjà un tel usage du cannabis.