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Deux nouvelles armes prometteuses contre certaines formes de ces cancers font leur entrée dans les traitements de demain

On les attendait, elles n"ont pas déçu.La première avancée, qui devrait conduire à une mise sur le marché l"an prochain, concerne les formes les plus graves du mélanome, l'un des cancers de la peau. Deuxième progrès, à l'avenir plus lointain, une molécule capable de cibler une anomalie très précise dans un certain type de cancer du poumon
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Contre le cancer de la peau, la surveillance des grains de beauté reste indispensable (Getty images - Robert Benson)
On les attendait, elles n"ont pas déçu.

La première avancée, qui devrait conduire à une mise sur le marché l"an prochain, concerne les formes les plus graves du mélanome, l'un des cancers de la peau. Deuxième progrès, à l'avenir plus lointain, une molécule capable de cibler une anomalie très précise dans un certain type de cancer du poumon


Le cancer de la peau appelé mélanome représente aujourd"hui moins de dix pour cent des tumeurs cutanées (7.500 cas par an) mais 75 % des décès (1.500 morts) liés à ce type de tumeurs.

Lorsque la maladie a disséminé, la chimiothérapie a fort peu d"effets sur les métastases. Le nouveau traitement présenté à Chicago le 5 juin n"est donc pas une chimiothérapie.

L"Ipilimumab, c"est son nom, appartient à la famille des anticorps monoclonaux entièrement humanisés (sic).Il n"agit pas directement sur la tumeur, mais sur le système de défense du patient.

A l"état normal, notre système immunitaire, qui ne supporte rien d"étranger, doit être calmé, sinon il pourrait commettre des bavures et attaquer nos propres tissus et organes par excès de zèle !

Le problème c"est que le frein qu"on a serré empêche parfois les lymphocytes, ces globules blancs patrouilleurs et tueurs, de se débarrasser des cellules tumorales.

Rendre les défenses naturelles plus agressives
L"Ipilimumab vient lever cette inhibition et envoie les lymphocytes à l"attaque. Avec un certain succès puisque l"étude internationale présentée à Chicago au congrès de l"ASCO est la première à montrer un allongement de la durée de vie des patients ainsi traités.

Alors qu"il s"agissait de malades très gravement atteints, avec une espérance de vie n"atteignant pas 15 % deux ans après l"évolution de la maladie, ce pourcentage est passé à 24 % sous l"effet de l"Ipilimumab. La mortalité a été réduite de 34 %, une grande première répétons-le.

Le traitement n"est cependant pas une promenade de santé et il y a des effets secondaires pouvant même entrainer des perforations intestinales, mais fort rares heureusement.

Avant sa commercialisation, l"Ipilimumab sera mis à la disposition des patients atteints de formes graves et dont la maladie progresse malgré la chimiothérapie.

Nouveau souffle dans le cancer du poumon
Deuxième progrès mais à l"avenir plus lointain, une molécule capable de cibler une anomalie très précise du fonctionnement des cellules dans un certain type de cancer du poumon.

Dans 5 % des cas environ il se produit au sein des cellules du poumon une fusion entre deux gènes, l"un appelé EML4 et le second ALK.

Cette fusion va entraîner la fabrication d"une protéine par les cellules concernées, la protéine ALK qui va, par son action, dérégler la machinerie cellulaire et pousser à la cancérisation.

Ce mécanisme pervers a été découvert en 2007. Trois ans plus tard, on dispose d"une molécule, le crizotinib, capable de jouer le rôle d"inhibiteur d"ALK, c'est-à-dire capable de freiner son action néfaste.

Testé sur 82 patients de Corée du Sud atteints d"une forme avancée de cancer du poumon, le crizotinib a entrainé une diminution d"au moins 30 % de la tumeur chez plus de la moitié des sujets (57 %) et l"effet a duré près de quinze mois pour certains.

Plutôt bien toléré, le médicament a permis à plus de deux tiers des patients de rester au moins six mois sans nouvelle progression de la maladie.

Même si l"anomalie concerne une minorité de patients, environ 1500 en France sur trente mille cancers du poumon annuels, il faut saluer l"avancée que représente cette molécule dans la démarche d"établir des traitements personnalisés.

Il n"y a pas, en effet une seule forme de cancer du poumon mais plusieurs entités et des thérapeutiques diverses émergent en fonction de ce que la biologie de ces tumeurs nous montre.

Ainsi dans un peu moins de 20 % des cas, il existe une mutation d"un gène EGFR pour laquelle existent déjà plusieurs molécules. On peut même les prescrire en lieu et place de la chimiothérapie avec de très bons résultats.

Le crizotinib pourra donc, dans quelques années, rejoindre cet arsenal pour traiter les cancers du poumon d"autant plus efficacement qu"il sera donné à des sujets jeunes et qui n"ont pas fumé.

Pour les autres, les gros fumeurs, le cancer du poumon reste une maladie terriblement dévastatrice.

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