Les orthoptistes pourront désormais prescrire des lunettes sans l’avis des ophtalmologues

Malgré de vives réticences de l’opposition, l’Assemblée nationale a voté, vendredi soir, pour l’élargissement d’activités pour les orthoptistes.

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France Télévisions
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Une orthoptiste examine une patiente, le 26 février 2020, à Valence (Drôme). (NICOLAS GUYONNET / HANS LUCAS / AFP)

Plus besoin de consultation chez un ophtalmologue, les orthoptistes pourront désormais prescrire eux-mêmes des lunettes à leurs patients. L'Assemblée nationale a voté, vendredi 22 octobre, en faveur d'activités élargies pour ces professionnels de la rééducation des yeux.

La mesure à l'article 40 du projet de budget 2022 de la Sécu (PLFSS) est à l'origine d'une grève depuis vendredi et jusqu'au 31 octobre des ophtalmos, mobilisés à l'appel de leur principal syndicat, le Snof, contre ce qu'ils voient comme une "dégradation de la qualité des soins" avec l'accès direct à ces professionnels paramédicaux.

Délais d'attente trop longs

Le gouvernement défend à l'inverse une mesure à même de faciliter l'accès aux soins visuels pour les Français, compte tenu des délais d'attente pour les rendez-vous chez l'ophtalmo. Les délais moyens d'attente étaient en 2018 de 80 jours, avec des écarts régionaux importants, selon les chiffres du gouvernement. Mais le Snof avance une étude plus récente montrant des délais en nette baisse

"La concertation (avec la profession) a eu lieu depuis fin mars" et "nous allons être précis dans le décret" d'application sur les tranches d'âge concernées (16 à 42 ans a priori) ou la prescription de correction de lunettes ou lentilles autorisée pour les orthoptistes, a assuré la ministre déléguée en charge de l'Autonomie, Brigitte Bourguignon, devant les députés.

"Une médecine à deux vitesses"

Tous les groupes d'opposition avaient déposé des amendements de suppression de l'article, qui va empêcher ou retarder le dépistage de maladies de l'œil, redoutent-ils. "L'objectif est louable" mais cela risque d'entraîner "une médecine à deux vitesses", selon que l'on va chez l'orthoptiste ou chez l'ophtalmologue, a fait valoir Thibault Bazin (LR), qui a plutôt suggéré de "favoriser l'installation" d'ophtalmos dans les zones sous-dotées.

La mesure proposée "ne règle pas les inégalités territoriales", a aussi avancé le communiste Pierre Dharréville, alors que l'implantation des deux professions est souvent identique. Sur proposition du rapporteur général Thomas Mesnier (LREM), les députés ont adopté un aménagement, afin que les orthoptistes ne puissent adapter ou renouveler leur première prescription que si le patient a consulté un ophtalmo, dans un délai qui sera précisé par décret.

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