Déserts médicaux : les maires ruraux alertent sur la "dégradation" de l'offre de soins, constatée par une étude

Le nombre de cantons dépourvus de médecins est passé de 91 en 2010 à 148 en 2017, soit une augmentation de 62%.

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Un médecin de campagne lors d'une visite à Villefranche-du-Périgord (Dordogne), en novembre 2020. (GARO / PHANIE / AFP)

L'Association des maires ruraux de France (AMRF) alerte sur la "dégradation" des déserts médicaux, jeudi 4 février, après la publication d'une étude révélant un "accès aux soins de qualité inférieure à celle de la moyenne des territoires français".

Réalisée pour l'AMRF par le géographe Emmanuel Vigneron, professeur des universités à Montpellier et spécialiste de l'approche territoriale de la santé, le document souligne que la densité pour 1 000 habitants pour toutes les catégories de médecins "est systématiquement inférieure à la campagne par rapport aux territoires hyper-urbains". Le nombre de spécialistes est même deux fois moins important "dans les départements hyper-ruraux".

>> Dans les déserts médicaux de l’Ariège, les jeunes médecins manquent à l’appel

Cette tendance s'est accentuée au cours des dernières années. L'étude souligne que le nombre de cantons dépourvus de médecins est passé de 91 en 2010 à 148 en 2017, soit une augmentation de 62%. La densité médicale a d'ailleurs baissé de plus d'un tiers dans 30% de l'ensemble des cantons pendant la même période. "Nous ne sommes qu'au début de la crise. Si rien n'est fait, on court vraiment à la catastrophe", a réagi Dominique Dhumeaux, premier vice-président de l'Association des maires ruraux de France (AMRF).

Cette difficulté d'accès au soins est insoutenable. J'ai du mal à imaginer comment notre société va absorber cette profonde injustice.

Dominique Dhumeaux, premier vice-président de l'Association des maires ruraux de France (AMRF)

à l'AFP

Par ailleurs, "plus de la moitié des médecins en milieu rural sont âgés de plus de 55 ans et un bon nombre a déjà largement dépassé les 70 ans", souligne Dominique Dhumeaux, qui rappelle que "les jeunes médecins sont beaucoup plus nombreux en ville".

A la fin de l'année dernière, l'AMRF avait publié deux autres études. La première révélait que l'espérance de vie à la campagne se dégrade depuis le début des années 2000 par rapport aux villes. La seconde observait que les habitants des régions rurales "consomment 20% de soins hospitaliers en moins que ceux des villes". Le vice-président de l'AMRF souligne l'existence d'un "lien assez ténu entre la consommation de soins, l'espérance de vie et la présence de médecins sur un territoire".

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