Tétraplégique, il marche à nouveau grâce à un exosquelette connecté à son cerveau : "C'est comme être le premier homme sur la Lune"

Tétraplégique après un accident, cet homme de 28 ans porte des capteurs dans le cerveau qui lui permettent d'actionner une machine qui fait bouger ses bras et ses jambes.

Un patient tétraplégique parvient à se déplacer grâce à un exosquelette contrôlé par ses ondes cérébrales, le 3 octobre 2019 à Grenoble (Isère).
Un patient tétraplégique parvient à se déplacer grâce à un exosquelette contrôlé par ses ondes cérébrales, le 3 octobre 2019 à Grenoble (Isère). (HO / CLINATEC ENDOWMENT FUND / AFP)

"C'est être comme le premier homme sur la Lune, réussir à faire un pas puis un autre, alors que je n'avais pas marché depuis deux ans", a confié Thibault à France Bleu Isère. Ce patient tétraplégique a bénéficié de l'exosquelette mis au point par le centre de recherches Clinatec de Grenoble et dont les résultats de l'essai clinique ont été présentés lundi 7 octobre. Cette neuro-prothèse lui permet de se déplacer debout malgré son handicap même si elle réclame encore beaucoup d'entraînement au patient.

"C'est à la fois un bouleversement et une première porte vers un monde que je pensais inaccessible, plus jamais accessible", a expliqué l'homme de 28 ans qui vit désormais avec des capteurs dans le cerveau lui permettant d'envoyer des informations à une machine qui fait bouger ses bras et ses jambes. Autrement dit, quand il pense le mouvement, son cerveau émet des ondes électriques captées par la neuroprothèse, qui les analyse et transmet ces signaux a l'exosquelette qui lui permet de bouger ses membres paralysés.

Le patient s'est entraîné pendant plus de deux ans

En mai 2015, Thibault est victime d'une chute et se brise une partie de la colonne vertébral. Il s'est lancé dans le projet deux ans après cet accident qui l'a paralysé. "J'essayais absolument de ne pas me remplir de faux espoirs", se souvient-il. En juin 2017, deux petites plaques de quelques centimètres carrés, bourrées d'électronique, ont été implantées sur les deux hémisphères de son cerveau, juste sous la boîte crânienne, sans qu'aucun fil ne dépasse. Le jeune homme s'est ensuite entraîné, durant plus de deux ans, pour contrôler l'exosquelette, une sorte d'armure qui lui permet de se tenir debout.

Pour Thibault, ce projet est un nouveau départ. "Au-delà du fait de faire un pas après l'autre, c'était une étape pour me dire que j'étais capable de faire quelque chose dans ma vie, malgré mon fauteuil, malgré mon handicap, capable de m'investir dans des projets ", conclut-il.