Trois modèles de stérilets suspendus par l’Agence du médicament

L’ANSM interdit la pose de trois DIU au cuivre en raison d’un risque d’expulsion spontanée et donc de grossesse non désirée. Les femmes porteuses de ces stérilets doivent rester attentives aux signes d’expulsion.

Trois modèles de stérilets suspendus par l’Agence du médicament
Trois modèles de stérilets suspendus par l’Agence du médicament (Crédits Photo : Wikimedia Commons)

Les stérilets au cuivre Ancora, Novaplus et Sethygyn ne doivent désormais plus être posés en France. L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits santé (ANSM) a publié le 28 novembre 2019 un point d’information en ce sens, en raison d'une augmentation de cas de rupture lors de leur retrait et d'expulsions spontanées d'une partie ou de la totalité de ces dispositifs intra-utérins (DIU).

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Un risque de grossesse non désirée

L'ANSM rappelle dans ce point d’information qu’une "expulsion de stérilet peut remettre en cause l'efficacité de la contraception et exposer à un risque de grossesse non désirée". L'agence indique donc le 28 novembre qu'elle a pris la décision de suspendre la mise sur le marché, la distribution, et l'utilisation de ces stérilets le 18 novembre.

Que faire si vous portez l’un de ces stérilets ? L’ANSM "ne recommande pas le retrait préventif de ces stérilets lorsqu'ils ont été posés depuis moins de trois ans". Le risque d'expulsion de ces stérilets apparaît plus important au-delà de trois ans, note-t-elle. "Au-delà de trois ans après la pose du stérilet, la consultation du professionnel de santé qui assure habituellement votre suivi gynécologique sera l’occasion de discuter de la meilleure contraception dans votre situation", ajoute également l'agence.

S’assurer que le DIU est bien en place

Néanmoins, elle conseille aux femmes porteuses d'un de ces DIU, de "rester attentive aux signes pouvant évoquer une expulsion". Car même si certaines expulsions n’entraînent aucun symptôme, des signes évocateurs caractéristiques apparaissent la plupart du temps.

Le premier signe est un fil de traction du stérilet absent ou plus long que prévu. Pour le savoir, "conformément à la notice d’instruction, à la fin de chaque période de règles, vérifiez si les fils de votre stérilet sont en place en introduisant doucement un doigt dans le vagin près du col de l’utérus" rappelle l’ANSM. Vous devez alors sentir les fils de traction du DIU dépasser à cet endroit.

Les autres signes évocateurs d’une expulsion du DIU sont une douleur abdominale, des saignements entre les règles ou après un rapport sexuel ou encore des douleurs pendant les rapports sexuels, liste encore l’ANSM.

Consulter en cas de doute

Si une expulsion spontanée, avec ou sans signes évocateurs, est suspectée, l’ANSM préconise de "[consulter] dès que possible le professionnel de santé qui assure habituellement [le] suivi gynécologique et [d’utiliser] une autre méthode de contraception jusqu’à la consultation". Si un rapport sexuel a eu lieu dans les cinq derniers jours, "une contraception d’urgence est à envisager".

L'ANSM estime que ces dispositifs intra-utérins (DIU) dit mécaniques Ancora et Novaplus du fabricant Eurogine et Sethygyn, de la société Euromedial sont posés sur quelque 20.000 femmes par an et ne représentent qu'une petite partie des stérilets posés chaque année en France.