Vidéo "Pourquoi on n'a pas de pilule masculine en 2021 ?" : l'histoire d'un échec

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Guillaume Daudin et Stéphane Jourdain ont écrit la BD "Les contraceptés". Ils reviennent sur l'histoire de la pilule masculine.

"Ça fait des décennies qu'on nous annonce la pilule masculine pour demain. Il y a eu des tests dans le monde entier. La plupart de ces tests ont été probants. On était tout près de l'avoir. Et on est en 2021 et il n'y a toujours rien. On a cherché à savoir pourquoi", explique Stéphane Jourdain. Au milieu du 20e siècle, les études sont en effet prometteuses. En 1957, aux États-Unis, un chercheur qui s’appelle Grégory Pincus, connu pour être l'un des inventeurs de la pilule féminine, a testé son dispositif sur des hommes. En 1990, on change complètement d'échelle : "Place à deux études internationales dirigées par l'OMS, par plusieurs centaines d'hommes et des tests qui durent 1 an. Cette fois, ce n'est pas la pilule à proprement parler qui est testée, ce sont des piqures de testostérone. Et les résultats sont bluffants : 95 % de réussite pour une étude, 96 % pour l'autre", développe Stéphane Jourdain. Mais toutes ces recherches n'aboutissent à rien de concret.

"Il n'y a aucun politique qui a pris la parole sur ce sujet fortement"

"Pourquoi on n'a pas de pilule en 2021 ? D'abord parce que les hommes ne le réclament pas. Je pense que ça arrange tous les hommes de ne pas avoir à s'occuper de cette charge mentale importante liée à la contraception", estime Stéphane Jourdain. Selon lui, les laboratoires pharmaceutiques se contentent du marché avec les femmes. "Il n'y a pas de demande des hommes. Il n'y a aucune raison d'installer ça, d'installer un nouveau marché. Et derrière, enfin, la queue de comète, les politiques qui, eux, pourraient essayer justement de contrer le marché avec des prises de parole ou avec une législation, ne font rien, jusqu'à maintenant." Par exemple, Olivier Véran a annoncé l'élargissement de la gratuité de la contraception pour les femmes jusqu'à 25 ans. Mais il n'a pas mentionné les possibilités de contraception masculine. Guillaume Daudin et Stéphane Jourdain y voient un désintérêt de la classe politique.

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