Pilules de 3e génération : Marisol Touraine va limiter les prescriptions

La ministre de la Santé a présenté vendredi un dispositif visant à réduire le recours à ces contraceptifs critiqués. Elle demande à l'Union européenne d'intervenir.

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, avait demandé le 11 janvier 2013 à l\'Union européenne de limiter l\'utilisation des pilules de 3e et 4e génération.
La ministre de la Santé, Marisol Touraine, avait demandé le 11 janvier 2013 à l'Union européenne de limiter l'utilisation des pilules de 3e et 4e génération. (DURAND FLORENCE/SIPA)

Après avoir annoncé leur déremboursement dès le 31 mars, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, poursuit son combat contre les pilules de 3e et 4e génération, qui présentent un risque cardio-vasculaire accru par rapport aux pilules de 2e génération. Elle a dévoilé, vendredi 11 janvier lors d'une conférence de presse, deux nouvelles mesures.

La ministre a ainsi annoncé la mise en place d'un "dispositif" en France pour limiter leur prescription. L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) avait lancé la semaine dernière une concertation afin de limiter la prescription des pilules contraceptives de dernière génération. 

L'Agence européenne des médicaments rassure

La seconde mesure annoncée par la ministre consiste en une demande à l'Union européenne de limiter l'utilisation de ces pilules. Marisol Touraine a ainsi appelé l'UE à réviser leurs autorisations de mise sur le marché "dans un sens restrictif", c'est-à-dire en limitant leur prescription "à la seconde intention".

"Nous allons saisir l'Europe, pas pour suspendre (ces pilules) mais pour modifier" leurs indications de prescription, a renchéri Dominique Maraninchi, le directeur de l'ANSM.

Pas sûr toutefois que l'Europe soit attentive à cette injonction. L'Agence européenne des médicaments assure vendredi que les femmes n'ont aucune raison d'arrêter de prendre des pilules contraceptives combinées (œstroprogestatives), y compris celles de 3e génération. "Il n'y a actuellement aucune nouvelle preuve qui suggérerait un changement dans le profil de sécurité connu des pilules combinées commercialisées actuellement", écrit-elle dans un communiqué. Une plainte a pourtant été déposée en décembre par une Française imputant son accident vasculaire cérébral à ce contraceptif.