"Si c'est gratuit, pourquoi pas ?" : le dépistage du cancer du col de l'utérus pris en charge à 100%

La prise en charge à 100% du dépistage du cancer de l'utérus a été présentée lundi par le gouvernement. Les gynécologues s'en félicitent, même s'ils rappellent que la vaccination est "le meilleur outil".

Les patientes, comme les médecins, pâtissent de la pénurie de gynécologues en France (illustration).
Les patientes, comme les médecins, pâtissent de la pénurie de gynécologues en France (illustration). (MAXPPP)

Après le dépistage contre le cancer du sein et celui contre le cancer colorectal, le gouvernement met en place une prise en charge à 100% du dépistage du cancer du col de l'utérus. Au lendemain de l'annonce de la ministre de la Santé dans "Questions politiques" sur franceinfo, France Inter et Le Monde, la mesure a été présentée, lundi 26 mars, dans le Plan de prévention santé

"Toutes les femmes n'ayant pas réalisé de frottis dans les trois dernières années seront invitées à le faire, avec une prise en charge à 100%", indique le plan qui vise donc à lutter contre cette maladie responsable de plus de 1 000 morts par an. Qu'en pensent les principaux concernés ? Réponse dans un cabinet de gynécologie du 17e arrondissement de Paris.

Prise en charge à 100% du dépistage du cancer du col de l'utérus : un reportage de Farida Nouar
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Martha vient pour une consultation de contrôle. Elle ne s'était jamais posée de question sur le cancer du col de l'utérus "parce qu'on est toujours en train de réfléchir à combien ça va coûter, dit-elle. Du coup, ça freine les gens." Cette prise en charge à 100% va donc l'inciter à se faire dépister : "Si c'est gratuit, pourquoi pas ?"

Chaque année, 3 000 nouveaux cas sont détectés, et plus de 1 000 personnes meurent du cancer du col de l'utérus. Pour Paul Chatel, gynécologue dans le 17e arrondissement de Paris, ce dépistage est donc une très bonne idée même s'il a quelques réticences. Par exemple, lorsqu'il s'agit d'une patiente qui a déjà eu une lésion du col et qui doit avoir un frottis tous les six mois ou chaque année : "Cette patiente-là, son dépistage sera ciblé, explique le médecin. Mais le dépistage ciblé, lui, n'est pas concerné par la mesure. Ça, je le regrette un petit peu."

La vaccination avant tout, disent les gynécologues

Autre raison de sa réticence : au-delà de la nécessite d'un dépistage par frottis tous les trois ans, "il est très important d'avoir un examen clinique, annuel idéalement", indique le Dr Chatel, "parce que tous les gynécologues ont vu des patientes qui ont eu un frotti normal il y a un ou deux ans et qui reviennent avec un cancer du col", dit-il.

Le dépistage organisé est une excellente mesure : ça fait parler du cancer du col et cela a plein d’éléments positifs. Mais, il n'empêche que la vaccination est le meilleur outil contre le cancer du col.Dr Paul Chatel, gynécologueà franceinfo

Cette remarque sur l'intérêt de  la vaccination a également été faite lundi par le co-président du syndicat national des gynécologues-obstétriciens de France. "On a une arme beaucoup plus efficace qui est la vaccination", a estimé Bertrand de Rochambeau sur franceinfo.