Lutte contre le cancer : les cinq avancées présentées au congrès de Chicago

Comme chaque année, pendant cinq jours à Chicago, médecins et scientifiques du monde entier présentent leurs travaux dans la lutte contre le cancer.

Scientifique dans un laboratoire de recherche à l\'Institut Pasteur, à Paris, le 21 juillet 2017.
Scientifique dans un laboratoire de recherche à l'Institut Pasteur, à Paris, le 21 juillet 2017. (BERTRAND GUAY / AFP)

"Prendre soin de chaque patient, apprendre de chaque patient." C'est le mot d'ordre de la 55e édition de l'American Society of Clinical Oncology (Asco), qui se déroule jusqu'au 4 juin à Chicago (Etats-Unis). Chaque année, une grande partie des oncologues de la planète se donnent rendez-vous lors du plus grand congrès mondial sur le cancer. C'est l'occasion pour ces professionnels de la santé de présenter des centaines de résultats de recherches et des nouvelles encourageantes pour les patients atteints d'une maladie responsable de près de 9 millions de morts chaque année dans le monde. Voici les cinq grandes avancées de 2019.

Une molécule prometteuse pour le cancer du sein

Le ribociclib, couplé à une hormonothérapie, se révèle efficace pour les deux tiers des cancers du sein chez les femmes avant la ménopause. Ce traitement, moins toxique qu'une chimiothérapie traditionnelle, cible plus spécifiquement les cellules cancéreuses, en les empêchant de se multiplier. Les résultats d'un essai clinique international ont montré que 70% des patientes ayant pris cette molécule étaient vivantes trois ans et demi après le début du traitement, contre 46% pour celles ayant pris un placebo.

L'efficacité accrue de l'immunothérapie pour le cancer du poumon

L'immunothérapie est considérée comme une révolution en oncologie. Actuellement, 3 000 essais cliniques sur l'immunothérapie sont menés dans le monde. Son principe est de renforcer le système immunitaire du patient pour que ce soit le corps du malade lui-même qui détruise le cancer. Elle est aujourd'hui utilisée pour combattre le mélanome, le cancer de la peau, et les cancers du rein ou du poumon par exemple.

Cette thérapie augmente les chances de survie mais pas pour tous les types de cancers (comme ceux de la prostate ou du pancréas) ni pour tous les malades, car seulement un malade sur cinq répond favorablement à ce traitement. Cependant, chaque année des progrès sont enregistrés, notamment pour les malades du cancer du poumon.

Près du quart des malades ayant pris du pembrolizumab sans avoir fait de chimiothérapie auparavant étaient vivants au bout de cinq ans, du jamais-vu, selon le laboratoire Merck/MSD. Avant l'immunothérapie, le taux de survie à cinq ans pour ce type de cancer était d'environ 5%. D'autre part, Yohann Loriot, cancérologue à l'Institut Gustave Roussy de Villejuif, a prouvé que chez les patients atteints d'un cancer de la vessie qui réagissent bien à l'immunothérapie, très peu rechutent au bout de deux ans.

Une nouvelle thérapie pour le cancer du pancréas

Le cancer du pancréas est l'un des plus meurtriers : un malade vit en effet moins d'un an. Mais l'essai clinique d'une nouvelle thérapie semble prometteur : un tiers des patients étaient toujours en vie au bout de deux ans, sachant que la survie à cinq ans n'est que de 5%, comme le rappelle le magazine Sciences et Avenir

La molécule utilisée dans l'essai clinique s'appelle l'olaparib. Les malades ayant pris l'anticancéreux, associé après à une chimiothérapie classique, ont stoppé la progression du cancer pendant 7,4 mois contre 3,8 mois chez ceux qui ont pris le placebo.

Chez le quart des patients ayant vu leur tumeur se réduire, cette réduction s'est maintenue pendant plus de deux ans. Il ne s'agit pas encore de guérison mais "on peut transformer un diagnostic fatal en maladie potentiellement chronique, au moins pendant un moment, et garder la maladie sous contrôle", se félicite Hedy Kindler, oncologue à l'hôpital de l'université de Chicago, à l'AFP.

Un inhibiteur encourageant pour le cancer de la prostate

Avec 1,6 million de cas diagnostiqués en 2015, le cancer de la prostate est le plus fréquent chez les hommes à travers le monde. Malgré l'amélioration des soins d'année en année, la maladie récidive dans environ un tiers des cas. La molécule enzalutamide, un inhibiteur oral des récepteurs aux androgènes, bloque la communication des hormones naturelles masculines qui favorisent la prolifération des cellules cancéreuses et permet d'améliorer les chances de survie des malades. Pour les formes les plus graves, les chances de survie à trois ans seraient augmentées de 20%, comme l'explique Allodocteurs.

Les expérimentations avec les nanoparticules 

Injectées dans une tumeur, les nanoparticules permettent de décupler la puissance d'une radiothérapie, la rendant ainsi plus efficace. Elles pourraient ainsi accentuer les effets de certaines immunothérapies en réactivant le système immunitaire. Ces nanoparticules ne seraient pas toxiques car restant dans la tumeur elles disparaissent avec.

Cette technique française a été expérimentée à l'Institut Curie par une dizaine de patients pour des cancers de la gorge, cavité buccale ou amygdales, comme le rapporte France Inter. Les résultats publiés au congrès montrent que, pour les trois quart des malades, le résultat est efficace, y compris pour les sarcomes, des cancers rares. Cette thérapie est prometteuse pour des patients âgés ou qui présentent des contre-indications à des traitements lourds comme la chimiothérapie.