Comment ont évolué les principaux cancers en trente ans ?

La maladie qui effraie le plus les Français est désormais guérie dans plus d'un cas sur deux. Si les avancées thérapeutiques laissent présager une amélioration dans les années à venir, quelles évolutions ont suivi les différents cancers depuis trente ans ?

Détail d\'une mammographie lors d\'un dépistage du cancer du sein.
Détail d'une mammographie lors d'un dépistage du cancer du sein. (LESTER LEFKOWITZ / GETTY IMAGES)

Ils touchent chaque année environ 355 000 personnes et font 148 000 morts. A la veille de la Journée mondiale de lutte contre le cancer, l’Institut national du cancer (INCa) publie son rapport Les cancers en France en 2014

Si le taux d'incidence (nombre de cas pour 100 000 personnes par an) est en baisse chez l'homme (-1,3% par an) et en passe de se stabiliser chez la femme (+0,2% par an), le cancer reste la première cause de décès prématuré avant 65 ans en France.

Découvrez comment ont évolué les cancers les plus fréquents chez les Français depuis les années 1980.

Le cancer du poumon en hausse constante chez la femme

L'incidence du cancer du poumon a été multipliée par sept ces trente dernières années chez la femme, et le taux de mortalité augmente de façon assez semblable. Malgré les progrès thérapeutiques, la survie nette, c'est-à-dire la survie que l’on observerait si le cancer était la seule cause de décès possible, reste encore très faible (18% à 5 ans et 12% à 10 ans).

Chez l'homme, l'incidence du cancer du poumon est quasiment stable depuis 1980, alors que la mortalité a globalement diminué entre 1980 et 2012. La survie nette est inférieure à celle constatée chez les femmes, de 13% à 5 ans et 9% à 10 ans.

Le cancer du côlon stable depuis les années 2000

Chez la femme, le cancer du côlon se situe au deuxième rang en nombre de cas derrière le cancer du sein. La survie nette s'est améliorée au cours du temps. Elle est désormais de 57% à 5 ans et de 52% à 10 ans.

Chez l'homme comme chez la femme, la mortalité diminue régulièrement. Si la survie nette à 5 ans des hommes est quasiment identique à celle des femmes (56%), celle à 10 ans est moins élevée (48%).

Le cancer du sein au premier rang chez la femme

Le cancer du sein reste la première cause de mortalité par cancer chez la femme en 2012, même si son incidence diminue à partir de 2005. Si la survie varie selon l'âge de la patiente et le stade du cancer lors du diagnostic, elle reste élevée à 5 et à 10 ans (respectivement de 86% et 76%).

Le cancer de la prostate au premier rang chez l'homme

Le risque d'être diagnostiqué d'un cancer de la prostate au cours de sa vie est en augmentation alors que celui de décéder de ce cancer est en recul. L'augmentation spectaculaire de son incidence entre 1980 et 2005 s'explique par le vieillissement de la population ainsi que par l'évolution des techniques de diagnostic.

Le cancer du col de l'utérus battu par le dépistage

L'incidence et la mortalité liées à ce cancer sont en baisse depuis les années 1960 et la démocratisation du frottis cervico-utérin, qui permet le dépistage précoce des lésions précancéreuses. Les survies nettes à 5 ans et à 10 ans sont inférieures à celles du cancer du sein, mais restent élevées (66% et 59%).

Le cancer de la peau enregistre la plus forte augmentation d'incidence

Les tendances récentes semblent indiquer que l'incidence du cancer de la peau pourrait avoir atteint un pic après quarante ans de hausse continue. On constate toutefois une diminution de la mortalité chez la femme (-1,8% par an) entre 2005 et 2012. Si le mélanome est diagnostiqué de façon précoce, la survie nette est élevée chez la femme comme chez l'homme (66%).

Contrairement à la baisse enregistrée chez la femme, la mortalité masculine continue d'augmenter.