Cancer chez l'enfant : un appel au don pour "mieux dépister et prévenir" la maladie

Véronique Minard-Colin, pédiatre oncologue à l'institut Gustave Roussy, a présenté mercredi sur franceinfo l'appel aux dons lancé par l'hôpital pour lutter contre les cancers qui touchent les enfants. 

L\'institut Gustave Roussy, à Villejuif, en 2014.
L'institut Gustave Roussy, à Villejuif, en 2014. (IMAGE POINT FR / BSIP)
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Son visage est affiché depuis mardi 29 août sur la tour Montparnasse à Paris : Noé, un petit garçon de 10 ans, est mort d'un cancer. Son portrait géant est déployé sur les 22 étages de la tour accompagné d'un appel au don pour lutter contre les cancers qui touchent les enfants.

C'est le début d'une grande campagne menée par l'institut Gustave Roussy de Villejuif en Région parisienne. "Le cancer de l'enfant reste une maladie rare" car il "touche 2 500 patients par an" mais il demeure "la première cause de décès par maladie après l'âge d'un an" chez les enfants, a expliqué sur franceinfo Véronique Minard-Colin, pédiatre oncologue à l'institut Gustave Roussy. 

franceinfo : qui est Noé, quelle est son histoire, et pourquoi l'avez-vous choisi pour lancer cette campagne ?

Véronique Minard-Colin : C'est un petit garçon qui a été malade, diagnostiqué à l'âge de 7 ans d'un cancer très grave touchant le cerveau. Nous l'avons pris en charge et malgré son courage et sa force et le soutien de sa famille, malgré les traitements qu'il a reçus à Gustave Roussy, il a été emporté par la maladie. Ses parents se sont battus auprès de Noé et continuent de se battre aujourd'hui. Ils nous soutiennent pour lancer cette grande campagne de mobilisation pour combattre le cancer chez l'enfant et guérir ces cancers. Nous voulions avoir la photo de ce jeune enfant qui était pour nous comme tous les autres, un modèle de courage, pouvoir communiquer et montrer que le cancer de l'enfant reste une maladie rare qui touche 2 500 patients par an. C'est une vraie cause et nous voulons accélérer la recherche, car malgré les progrès, le cancer chez l'enfant demeure la première cause de décès par maladie après l'âge d'un an. Il y a une vraie urgence, pour guérir mieux, accélérer la recherche, et pour éviter notamment le développement des séquelles quand l'enfant devient adulte.

Quels types de cancers touchent les enfants ? Sont-ils différents des cancers qui touchent les adultes ?

Tout est différent, la majeure partie de ces cancers se développent chez le jeune enfant avec un système immunitaire très immature. C'est un des axes de recherche pour comprendre comment ces cancers arrivent à échapper au contrôle du système immunitaire. Chez l'adulte, on sait qu'il y a des facteurs environnementaux, le tabac l'alcool, en particulier, mais chez l'enfant dans plus de 90% des cas on ne connaît pas la cause. Donc on souhaite vraiment essayer de comprendre s'il y a une fragilité génétique qu'on peut identifier pour essayer de prévenir le développement de ces cancers. On a comme ambition de lever près de 10 millions d'euros d'ici 2020, qui vont être répartis dans les recherches en génétique, en immunologie, développer des immunothérapies efficaces, s'occuper du suivi des patients, des complications tardives, mieux les dépister et les prévenir. Nous voulons aussi grâce à cet argent, développer de nouveaux outils d'informations pour aider les jeunes patients et leurs familles à mieux comprendre la maladie et le parcours de soins.

Qu'en en est-il du taux de guérison entre les enfants et les adultes ?

La recherche a fait des progrès remarquables et grâce à cela plus de 80% des enfants et des adolescents guérissent de leurs cancers mais il reste malgré tout 20% des enfants et des adolescents qui ne peuvent pas guérir. Les taux de guérison sont certes supérieurs aux adultes, et on arrive à bien soigner ces enfants, mais il reste des situations très graves notamment des tumeurs cérébrales, les cancers métastatiques pour lesquels on a peu d'option de traitement. 2 500 cas seulement, le cancer des enfants, c'est rare et c'est mal connu, c'est un enfant sur 400/500 en France mais c'est terriblement douloureux.

"Le cancer chez l'enfant demeure la première cause de décès par maladie après l'âge d'un an." Véronique Minard-Colin, pédiatre oncologue, à l'institut Gustave Roussy, à franceinfo.
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