Androcur : un médicament sur la sellette

L'androcur, un traitement hormonal pris par des dizaines de milliers de femmes est sur la sellette. Pris plus de six mois, il provoquerait des tumeurs au cerveau.

Leslie Cottreel, dentiste, est une ancienne patiente sous Androcur. Il y a cinq ans on lui a découvert un méningiome, une tumeur proéminente à l'oeil. Le lien entre le traitement et la tumeur est avéré. Elle a pris ce médicament pendant quinze ans contre des kystes ovariens. Il est souvent prescrit contre l'endométriose, une pilosité excessive ou encore l'acné. Une nouvelle étude montre qu'au-delà de six mois de traitement, le risque de tumeur est multiplié par sept, au-delà de cinq ans, par 20.

90 000 femmes sous Androcure

Dès 2008, Sébastien Froelich, chef du service de neurochirurgie à l'hôpital Lariboisière à Paris, a alerté les autorités sanitaires après plusieurs cas de tumeurs chez des patientes sous Androcur. "Ça n'est pas une tumeur cancéreuse, c'est une tumeur bénigne qui se stabilise ou régresse dans la grande majorité des cas, à l'arrêt du médicament", explique-t-il. À ce stade, les autorités sanitaires envisagent seulement de revoir les conditions de sa prescription. 90 000 femmes sont actuellement sous Androcur.

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Une boîte d\'Androcur dans une pharmacie parisienne, le 10 novembre 2004.
Une boîte d'Androcur dans une pharmacie parisienne, le 10 novembre 2004. (SIMON ISABELLE / SIPA)