Correction de gènes défectueux sur les humains : "La morale c’est aussi tenir compte des parents atteints de mutation génétique"

La cheffe du service de biothérapie à l’hôpital Necker enfants malades AP-HP, Marina Cavazzana, salue les avancées de la recherche sur la modification génétique des embryons humains et souligne que "beaucoup d’obstacles génétiques peuvent être dépassés".

Marina Cavazzana, le 11 février 2013.
Marina Cavazzana, le 11 février 2013. (PATRICK KOVARIK / AFP)

La modification génétique des embryons humains franchit un cap : des gènes porteurs d'une maladie héréditaire ont été corrigés dans des embryons humains pour la première fois. C'est ce que révèlent des chercheurs américains dans la revue Nature, mercredi 2 août.

Le professeur Marina Cavazzana, chef du service de biothérapie à l’hôpital Necker enfants malades AP-HP, professeur d’hématologie à l’université Paris-Descartes, a estimé jeudi sur franceinfo, que "la morale c’est aussi tenir compte de ces patients malades qui auront 100% de la progéniture qui sera atteinte".

franceinfo : Ces travaux sont-ils porteurs d’espoir ou inquiétant ?

Marina Cavazzana : Ils représentent une avancée. Beaucoup d’obstacles génétiques peuvent être dépassés. Après, il faut que la société s’empare de ce sujet au niveau international pour accompagner ces découvertes de façon à ce que l’humanité se protège des risques potentiels.

Modifier les gènes, c’est moralement acceptable ?

Qu’est-ce que la morale ? Ce que nous pouvons envisager comme ce qui n’est pas acceptable peut l’être par des parents qui se savent atteints d’une mutation génétique. La morale, c’est aussi tenir compte de ces patients malades qui auront 100% de la progéniture qui sera atteinte.

Où en est-on de la réglementation ?

C’est difficile de résumer les législations pour tous les pays. Aux États-Unis, il y a une interdiction fédérale d’utilisation de fonds pour de la recherche sur des embryons humains. À l’échelle des États, chacun peut décider, ensuite, de donner des fonds universitaires pour rendre possible des recherches sur l’embryon humain. C’est alors encadré par les comités éthiques propres à l’université.