"Il n'y a pas d'épidémie" : les autorités sanitaires tentent de désamorcer la polémique sur les bébés nés sans bras

Le directeur général de la Santé a également annoncé, jeudi, que l'enquête sur les onze cas suspects supplémentaires de bébés touchés par une malformation du bras dans l'Ain avait été confiée au registre Remera.

Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, le 28 mai 2018 à Paris.
Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, le 28 mai 2018 à Paris. (MAXPPP)

"Il n'y a pas d'épidémie. Sur 21 malformations congénitales, il n'y a aucune tendance à l'augmentation de la fréquence." Les autorités sanitaires ont tenté, jeudi 15 novembre, de désamorcer la polémique sur les cas groupés de bébés touchés par des malformations des bras.

Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a détaillé, lors d'une conférence de presse, les modalités de l'enquête relancée le 21 octobre par les ministères de la Santé et de l'Ecologie, pour rechercher les causes des excès de cas repérés par les registres des malformations congénitales dans l'Ain, en Bretagne et en Loire-Atlantique. 

Le Remera enquêtera sur les cas supplémentaires

"Lorsque la fréquence est anormale très localement, il faut investiguer", a poursuivi Jérôme Salomon. "On se pose la question de cas regroupés dans le temps et sur un lieu donné." Il s'agit des fameux "clusters" (grappes) : des cas groupés d'enfants nés sans mains, bras ou avant-bras observés dans l'Ain (7 naissances entre 2009 et 2014), en Loire-Atlantique (3 naissances entre 2007 et 2008) et en Bretagne (4 naissances entre 2011 et 2013), à chaque fois dans un périmètre restreint.

Dans l'Ain, Santé publique France (SPF) a remonté les données hospitalières et a recensé 11 cas suspects supplémentaires entre 2000 et 2014. L'enquête sur ces 11 cas a été confiée au registre Remera, dont la pérennité a été réaffirmée jeudi par les autorités sanitaires lors de la conférence de presse. Le Remera est le plus ancien des six registres des malformations congénitales de France. Basée à Lyon, cette structure a été fondée en 1973 après le scandale du thalidomide, anti-nauséeux qui avait fait naître des milliers d'enfants sans bras entre 1957 et 1962.