"Une catastrophe", "la fin du monde" : le célèbre Choco BN pourrait disparaître de nos rayons des supermarchés

Alors que sa production est en chute libre, l’enseigne Carrefour, principal client, a décidé de bannir les Choco BN de ses rayons. La direction va devoir s'expliquer jeudi devant ses salariés, inquiets pour leur avenir.

Des paquets de Choco BN goût fraise et goût chocolat.
Des paquets de Choco BN goût fraise et goût chocolat. (CLAUDE PRIGENT / MAXPPP)

Depuis près de 70 ans, des générations d’enfants ont été élevées au Choco BN, "le goûter complet, le goûter tout prêt", vantait la publicité à la télé. Las : l'enseigne Carrefour, principal client, a décidé de retirer les Choco BN de ses rayons. Alors, à l’idée que le biscuit pourrait disparaître, les petits devenus grands parlent de "catastrophe", de "fin du monde"… Avec, parfois, des réserves : "Ce n’est pas non plus une marque qui a une grande place dans mon cœur, pour les produits qu’ils utilisent, comme l’huile de palme."

Démodés, les Choco BN ne se vendent plus, selon l’enseigne Carrefour. Sa production est en chute libre, dans l'unique usine nantaise : - 40% depuis trois ans. Les salariés et la CGT vont exercer leur droit d’alerte jeudi 23 mai pendant le comité social et économique, où la direction devra s’expliquer.

Le sourire sur le gâteau, une révolution

La dernière innovation remonte à dix ans. C'était l’arrivée du sourire sur le gâteau. Il n'y a pas de hasard, selon Claude Paquet, ancien délégué CGT, aujourd’hui à la retraite, après 38 années de travail à la biscuiterie nantaise : "Dans les années 1970, il y avait un gros service développement : on était peut-être une quarantaine, maintenant ils ne sont plus que deux." Avant, il y avait "un labo chimie, un autre labo sur les conditionnements, un gros service aussi pour développer les machines qui allaient avec".

Le sourire, ça a quand même été une révolution pour l’usine. Au fur et à mesure, ça s’est dégradé, et puis il n’y avait plus rien.Claude Paquet, ancien délégué CGTà franceinfo

Le marché du biscuit est à la peine. Les ventes ont chuté de 2% l’an dernier, - 2,5% depuis janvier. Un marché concurrentiel, d’après Noémie Bkouche, consultante chez IRI, un institut expert des produits de grande consommation : "Nous sommes dans un contexte de ‘sugar bashing’, c’est-à-dire qu’on a eu énormément de polémiques avec cette tendance des consommateurs à rechercher des produits un peu plus santé, sans sel, sans huile de palme… Les Français sont très sensibles à l’innovation. Je pense que continuer à innover, c’est important, et communiquer sur ces innovations, je pense que c’est cela la clé." L’entreprise agroalimentaire turque Yildiz, propriétaire de la biscuiterie nantaise, devra trouver la recette pour relancer son biscuit phare.

Reportage de Sophie Auvigne
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