Trois questions pour comprendre le nouvel étiquetage des produits alimentaires

Un règlement européen, devenu obligatoire mardi, impose aux industriels de mieux étiqueter leurs produits. L'objectif : le consommateur doit pouvoir repérer les valeurs nutritionnelles de ce qu'il achète. 

Un supermarché à Lyon, lors d\'un test sur les emballages en octobre 2016. 
Un supermarché à Lyon, lors d'un test sur les emballages en octobre 2016.  (JEFF PACHOUD / AFP)

Des tableaux, des chiffres et, parfois, des couleurs. Les nouveaux étiquetages des produits alimentaires sont devenus obligatoires, mardi 13 décembre. Les industriels sont désormais obligés de détailler la composition précise de leurs produits. Mais cela change-t-il vraiment quelque chose pour les clients ? Franceinfo vous explique comment en trois questions. 

Qu'est-ce qui change dans les rayons ?

C'est désormais obligatoire, les industriels doivent détailler la composition de leurs produits dans un tableau indiquant la valeur énergétique, la quantité d'acides gras saturés, de glucides, de sucres ou encore de protéines et de sel des produits alimentaires qu'ils vendent.

Le règlement européen INCO, qui impose ce nouvel étiquetage, prévoit que le produit soit entièrement mis à nu. Et propose même aux distributeurs d'aller plus loin dans les détails en donnant des informations complémentaires sur d'autres nutriments comme la quantité de fibres, de vitamines ou de minéraux contenues dans leurs produits. 

La mise en place de telles données était prévue dès 2011. Elle est désormais obligatoire. Et d'autres mesures, imposées par ce règlement européen, ont déjà été mises en place. Depuis 2014, par exemple, le signalement obligatoire (avec écriture en gras ou en italique) des éléments allergènes entrant dans la composition d'un produit est entré en vigueur. Tout comme la mention obligatoire du pays d'origine de la viande

Est-ce que c'est efficace pour comprendre ce qu'il y a dans ce que j'achète ?

Cette législation permet, a minima, de détailler la composition des aliments et ce qui peut être nocif pour l'homme. Mais, aux yeux des associations de défense des consommateurs, cela ne suffit pas. 

"Ce règlement ne change pas grand chose, confie à franceinfo Olivier Andrault, chargé de mission nutrition et alimentation pour l'association UFC-Que choisir. Cela fait longtemps que les fabricants détaillent ce qu'il y a dans les produits." Cette nouvelle législation permet d'obtenir la qualité nutritionnelle d'une denrée alimentaire, mais avec des tableaux compliqués et des données brutes. "A moins d'être expert, il est impossible de décoder les étiquettes", se désole le spécialiste.

Savoir que votre taboulé contient 0,9 gramme d'acides gras saturés ne vous aide pas à forcément à déterminer si c'est un produit sain. "Sur les emballages de céréales, par exemple, il y a plus de 70 données chiffrées. Impossible de se repérer", ajoute Olivier Andrault.

Peut-on aller encore plus loin ?

Voilà pourquoi certains consommateurs demandent un étiquetage encore plus lisible, notamment grâce à un système de pastilles. En vert, les produits les plus sains, en rouge, les plus gras et les plus sucrés. "Ce serait un bon moyen pour que tous les consommateurs puissent savoir si un produit a une bonne valeur nutritionnelle", reprend Olivier Andrault. Une pétition, visant à démocratiser ce système, a déjà recueilli plus de 240 000 signatures.  

L'Etat français s'y intéresse de près puisqu'une expérimentation a été lancée en septembre. Quatre systèmes d'étiquettes graphiques ont été créés puis mis en rayons dans des supermarchés test. 

Un des test mené par le ministère pour rendre plus compréhensible la lecture des étiquettes
Un des test mené par le ministère pour rendre plus compréhensible la lecture des étiquettes (minsitère de l'économie)

Le but est de déterminer quel est le système le plus fonctionnel, avant de le mettre en place à l'horizon 2018.