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Steaks hachés contaminés à la bactérie E.coli : l'UFC-Que Choisir pointe "la responsabilité morale de Lidl"

Olivier Andrault, de l’association de consommateurs UFC-Que Choisir, estime que Lidl n'a pas suffisament contrôlé le fournisseur de steak responsable de la contamination à la bactérie E. coli, dans le Nord, en 2011.

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Radio France
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Des steaks hachés "Country" devant un supermarché Lidl, à Saint-Dizier, en 2011.  (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)

Le procès des deux dirigeants de SEB, fournisseur de Lidl pour des steaks hachés "Country" contaminés par la bactérie E. colis'est ouvert mardi 6 juin au Tribunal correctionnel de Douai (Nord). En 2011, ces steaks contaminés ont rendu gravement malades 18 personnes, notamment des enfants. Les conséquences dues à la consommation de cette bactérie vont du simple vomissement à l'insuffisance rénale. "Le fabricant ne semblait pas faire un contrôle systématique" des steaks incriminés, a déclaré, mardi sur franceinfo, Olivier Andrault, chargé de mission alimentation à l’UFC-Que Choisir, partie civile au procès. "Il n'a pas informé non plus, alors qu'il était en présence d'une non-conformité de la viande", a-t-il poursuivi. Il pointe "une responsabilité morale" de Lidl qui n'est pas sur le banc des prévenus et qui aurait dû faire "des audits et des contrôles de son fournisseur".

franceinfo : Il apparaît que le fabricant n'a pas contrôlé tous les steaks alors que c'est obligatoire. Vous confirmez ?

Olivier Andrault : Effectivement, c'est ce que nous avons appris, alors qu'on sait que le steak haché est une matière particulièrement sensible du point de vue bactériologique, puisqu'il peut y avoir la présence de ces souches dangereuses d'E.coli qui arrivent notamment au moment de l'abattage. Le fabricant ne semblait pas faire un contrôle systématique et il n'a pas informé non plus alors qu'il était en présence d'une non-conformité de la viande.

Pourquoi Lidl n'est pas sur le banc des prévenus. Ce distributeur n'a-t-il pas commis de faute dans cette affaire ?

C'est aux juges de trancher, mais nous considérons qu'il y a une responsabilité morale. À partir du moment où un distributeur va mettre sur le marché des produits qui vont porter sa marque, c'est ce qu'on appelle la marque distributeur. Il aurait semblé indispensable qu'il fasse régulièrement des audits et des contrôles de ce que fait son fournisseur.

Quel a été le rôle de l'État et des services vétérinaires dans ce dossier ?

En 2014, la Cour des comptes a publié un rapport qui était sanglant sur les non-conformités et l'insuffisance des contrôles officiels. Ce rapport disait qu'il n'y a pas d'obligation formelle de transmettre les résultats non-conformes aux autorités sanitaires si des fabricants obtiennent des analyses qui ne sont pas bonnes. Il y a eu aussi une diminution des services de contrôle, des effectifs et donc du nombre de contrôles de 17% entre 2009 et 2012. Depuis cette date, nous n'avons pas eu plus de contrôleurs officiels. Par ailleurs, même quand il y a des non-conformités qui sont relevées, les suites données sont très peu nombreuses, insuffisamment contraignantes et très hétérogènes. Ce que demandait la Cour des comptes, c'est une plus grande transparence sur ces cas de non-conformité.

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