Régime minceur : l'entreprise Comme j'aime de Bernard Canetti condamnée pour sa "semaine gratuite"

La société a été condamnée en référé pour "pratique commerciale trompeuse".

Bernard Canetti, le fondateur de Comme j\'aime, le 29 août 2019.
Bernard Canetti, le fondateur de Comme j'aime, le 29 août 2019. (GUILLAUME GEORGES / MAXPPP)

L'entreprise Comme j'aime, dont la publicité pour son régime minceur incarnée par son fondateur Bernard Canetti est martelée depuis des mois à la télévision, a été condamnée mercredi 9 octobre en référé par le tribunal de grande instance de Paris pour "pratique commerciale trompeuse" a appris franceinfo vendredi auprès de l'association nationale de défense des consommateurs et usagers (CLCV), confirmant une information du Parisien.

La société va devoir retirer de ses spots la mention de la fameuse "semaine gratuite" : Comme j'aime va devoir supprimer "dans l'ensemble de ses supports publicitaires (presse, télévision, Internet), y compris les témoignages, la mention d'une semaine gratuite" promise aux nouveaux clients pour les convaincre de l'utilité de leur repas, selon l'ordonnance de référé.

La société a un mois pour se conformer à cette décision. Même si elle peut faire appel, cela ne suspend pas la décision. Passé ce délai, elle s'exposerait à une astreinte provisoire de 500 euros par infraction constatée. Comme j'aime devra également verser 10 000 euros au titre de l'atteinte portée à l'intérêt collectif des consommateurs.

L'efficacité du régime également mise en doute par l'association

L'association nationale de défense des consommateurs et usagers avait saisi le tribunal de grande instance de Paris à ce sujet au printemps dernier. La CLCV avait également attaqué Comme j'aime sur d'autres points, notamment sur l'efficacité supposée du régime, mais a été déboutée sur ces autres points par le juge des référés. La CLCV va déposer une nouvelle plainte pour que ces autres points soient jugés au fond.

Mais la condamnation de Comme j'aime sur la semaine gratuite est une première victoire pour la CLCV. "On avait décidé d'attaquer en référé, parce qu'au vu de la très grande intensité publicitaire de Comme J'aime, il nous semblait qu'il fallait agir rapidement", a expliqué à franceinfo François Carlier, le délégué général de la CLCV.

Pour qu'il y ait gratuité, il ne faut pas qu'il y ait de transfert d'argent entre le consommateur et le professionnel. Là, ce que propose Comme j'aime, c'est du satisfait ou remboursé, ce qui n'est pas inintéressant, mais ce n'est pas de la gratuité.François Carlier, de la CLCVà franceinfo

"La notion de gratuité, c'est quelque chose de très encadré, a rappelé François Carlier. La nuance est tout à fait importante, il fallait y mettre un terme."

"Ce n'est pas pour rien que la semaine gratuite apparaît massivement dans la communication de Comme j'aime, c'est parce que les gens du marketing savent que ça marche", a ajouté le délégué général de la CLCV.

D'autres sociétés qui promettent avec leurs produits ou leurs régimes de très fortes pertes de poids sont également dans le collimateur de la CLCV, qui mène actuellement d'autres actions en justice.