Prix de la baguette : "Tous les feux sont au rouge" mais une augmentation "même de 10 centimes ce serait beaucoup" selon la profession

"Cela serait logique qu'il y ait une augmentation" du prix de la baguette, explique le président de la Confédération nationale de la boulangerie pâtisserie française.

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Radio France
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Illustration baguette. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

"Prix du blé, farine, énergie, plus les salaires, plus les produits d'emballage, tous les feux sont au rouge", a expliqué lundi 25 octobre sur franceinfo Dominique Anract, président de la Confédération nationale de la boulangerie pâtisserie française. Le prix de la baguette devrait augmenter dans de nombreuses boulangeries françaises. Une augmentation en plus pour les Français qui subissent déjà la hausse des prix de l'énergie.

franceinfo : Combien coûte une baguette en moyenne en France ? Quelle va être l'augmentation de son prix ?

Dominique Anract : Elle est à 0,90 euros en moyenne sur le territoire. Je ne parle pas de la tradition qui est un peu plus chère. Cela m'étonnerait qu'on ait une augmentation de 20 centimes, même 10 centimes cela serait beaucoup. En 20 ans, la baguette a pris 23 centimes, par rapport au prix du paquet de cigarettes qui a été multiplié par trois, ce n'est pas la même chanson. Là, tous les feux sont au rouge : prix du blé, farine, énergie, plus les salaires, plus les produits d'emballage. Au niveau des coûts de revient, chaque boulanger est responsable des tarifs qu'il met, mais cela serait logique qu'il y ait une augmentation.

Le cours du blé a-t-il beaucoup augmenté ?

Là, c'est 30% cette année et cela va encore augmenter. C'est un problème parce que nous n'achetons pas du blé mais de la farine et forcément c'est répercuté. Certains meuniers sont couverts parce qu'ils ont déjà des contrats, mais il y aura forcément une augmentation.

Est-ce que le prix va augmenter partout ou chaque boulanger a le choix ?

Chaque boulanger est responsable par rapport à son environnement économique et quelque fois il y a des boulangers qui n'ont pas augmenté depuis deux, trois ans, parce qu'ils ont une grande surface à côté avec laquelle ils ont de la concurrence. Parfois certains n'osent pas.

Etes-vous touché par une pénurie de main d'œuvre ?

Oui, on a 21 000 postes à pourvoir en boulangerie-pâtisserie, on voudrait mieux les payer mais on a des charges. Quand vous embaucher un salarié c'est 45% de charges, plus le reste. Quand vous vendez une baguette autour d'un euro il faut en faire. Il faut conserver les boulangeries parce que c'est un vrai modèle économique.

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