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Pour l'étiquetage systématique des OGM sur les produits alimentaires ?

Un collectif de citoyens "Consommateurs pas cobayes" a interpellé l'Etat et l'Union européenne, pour demander l'étiquetage obligatoire des produits alimentaires issus d'animaux nourris avec des OGM, au nom du droit des consommateurs à la transparence. 
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France Télévisions
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Pour les viandes, mais aussi les oeufs, les produits laitiers ou tous les aliments transformés issus de produits d'animaux nourris avec des OGM, l'étiquetage est "une nécessité absolue pour permettre aux consommateurs de faire des choix économiquement et écologiquement responsables", souligne Bernard Astruc, coordinateur de "Consommateurs pas cobayes !", créé en 2012 et porteur de la campagne.

"En France aujourd'hui, les OGM sont interdits à la culture, mais ils sont massivement autorisés à l'importation". Depuis 1997 il est obligatoire d'indiquer la présence d'ingrédients OGM dans les produits alimentaires. En revanche, les fabricants ne sont pas tenus de faire savoir si les animaux fournissant la viande, le lait ou les oeufs, ont eux-mêmes été nourris avec des OGM. "Il est à peine croyable que les 3/4 du cheptel français puissent être nourris avec des OGM en France alors que la culture des OGM a été interdite en juin 2014 (après plusieurs périodes d'interdiction sous forme de moratoires, tous annulés par le Conseil d’État)", précise la pétitionCelle-ci s'appuie sur "le non-respect" de la Convention d'Aarhus sur l'accès à l'information et la justice en matière d'environnement, texte, signé en 1998 par 39 Etats, expliquent ses auteurs. "Le temps est venu de demander à ce que nos droits fondamentaux, environnementaux et sanitaires soient respectés : nous avons droit à librement acheter ou non, en connaissance de cause, des aliments contenant des OGM", explique M. Astruc.

D'un point de vue sanitaire, cette réclamation est-elle justifiée ?

Selon Louis-Marie Houdebine, directeur de recherche honoraire de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), spécialiste du clonage et de la transgénèse animale, explique que cette réclamation est "coûteuse, inutile et un contresens scientifique". Pour lui, "il ne peut pas y avoir de trace d'OGM dans l'organisme humain car les OGM sont entièrement digérés par les animaux". De plus, l'agriculture OGM permet de surveiller ce que l'on met dans les cultures et de supprimer l'épandage de pesticides.

En revanche, Christian Vélot, enseignant chercheur à l'Université Paris-Sud affirme que "les OGM représentent de sérieux doutes pour la santé". "Il faut que les citoyens connaissent l'étiquetage des OGM pour pouvoir en consommer si c'est bon pour la santé, ou ne pas en consommer si c'est mauvais". Selon ce spécialiste, il faut appliquer le principe de précaution et appliquer "une vrai politique de santé qui ne soit pas du soin, mais de la prévention". Il ajoute que toutes les études publiques sur les OGM sont évaluées jusqu'à trois mois, or si on ne mène pas des études sur de plus longues durées on ne peut pas étudier les effets chroniques, mais seulement les effets aigus. En outre, Christian Vélot indique que les animaux reçoivent des doses supérieures à la DJA (dose journalière autorisée) légale pour l'homme.

Deux visions de la communauté scientifique s'opposent sur un débat qui passionne et dont de nombreuses questions restent en suspens.

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