Menu végétarien dans les cantines scolaires : "Beaucoup de maires ne sont pas au courant des avancées de la loi en la matière"

Un appel aux édiles lancé avec Greenpeace leur rappelle leurs obligations : à partir du 1er novembre, les cantines devront proposer un menu végétarien au moins une fois par semaine. 

La cantine du collège Léo Ferré à Saint-Lys près de Toulouse, le 5 septembre 2017. 
La cantine du collège Léo Ferré à Saint-Lys près de Toulouse, le 5 septembre 2017.  (REMY GABALDA / AFP)

La Fédération des Conseils de parents d'élèves (FCPE), Greenpeace et l'Association végétarienne de France lancent ce mercredi 4 septembre un appel aux maires pour leur rappeler leurs obligations : à partir du 1er novembre, les cantines scolaires seront obligées de proposer au moins un menu végétarien une fois par semaine aux enfants.

Le texte a été voté par l’Assemblée nationale en octobre 2018 dans le cadre de la nouvelle loi Agriculture, dite loi Egalim. "Il y a beaucoup de maires qui ne sont pas au courant des avancées de la loi en la matière, affirme sur franceinfo Laure Ducos, chargée de campagne agriculture et alimentation à Greenpeace. L'idée, c'est de travailler sur l'équilibre pour les enfants et d'avoir un plat complet, diversifié, composé de protéines végétales, des céréales ou des légumineuses pour avoir un équilibre pour l'enfant."

franceinfo : Est-ce que vous avez l'impression que beaucoup de maires sont réticents et qu'ils ne vont pas forcément se conformer à la loi ?

Laure Ducos : Il y a des maires qui sont très engagés et qui font des choses merveilleuses sur le terrain, en termes de cuisine locale, biologique et végétarienne et avec de la viande de qualité également. Mais il y a également beaucoup de maires qui ne sont tout simplement pas au courant des avancées de la loi en la matière. Donc l'idée, c'était surtout de les prévenir et de leur dire qu'il y avait des moyens mis à disposition et notamment des structures pour les accompagner dans ces changements. Il y a eu très peu d'informations qui ont circulé du ministère et il n'y a pas eu de décret. Il y a donc des villes qui croient que ce n'est pas obligatoire parce qu'il n'y a pas eu de décret mais c'est faux : la loi est bien passée et donc il est important de rappeler ces obligations.

Quelle est l'idée aujourd'hui de remplacer le steak haché par exemple par un œuf, par des pâtes ?

Si on remplaçait un steak haché seulement par des pâtes, ce ne serait pas adéquat sur le plan nutritionnel. L'idée au contraire, c'est de travailler sur l'équilibre pour les enfants et d'avoir un plat complet, diversifié, composé de protéines végétales, des céréales ou des légumineuses pour avoir un équilibre pour l'enfant. Il y a des études scientifiques qui montrent que les enfants, comme les adultes d'ailleurs, consomment en moyenne deux fois trop de protéines dans la journée. Si on consomme trop de protéines animales, on peut avoir des risques liés au surpoids et l'obésité notamment. Et ensuite, il a des conséquences indirectes puisque l'élevage industriel a de forts impacts sur l'environnement, sur la pollution de l'air, l'eau et également sur l'antibiorésistance : c'est-à-dire le développement de bactéries qu'on n'est plus capable de soigner après avec des antibiotiques. Ça peut être dangereux.

Est-ce qu'on ne creuse pas l'écart entre les grandes villes et les communes rurales qui ont moins de moyens, qui ont des cantines qui fonctionnent souvent en régie avec un nombre plus limité de menus ?

Des exemples de villes qui sont engagées dans plus de bio, de local et plus de végétal mais aussi de la viande de qualité, il y en a de toutes tailles. Il y a des grandes villes comme Grenoble et Lille mais il y a aussi de bien plus petites villes comme Mouans-Sartoux en région PACA (Alpes-Maritimes) ou encore La Couronne, près d'Angoulême.