Lait contaminé à la salmonelle : l'attitude de certains supermarchés "relève de la responsabilité pénale", selon Foodwatch

Ingrid Kragl, directrice de l’information à Foodwatch, a trouvé "affolant", mercredi sur franceinfo, la découverte de lots contaminés dans les rayons de plusieurs grandes surfaces.

Intermarché va arrêter \"définitivement\" de commercialiser des laits infantiles Lactalis de la marque Milumel, après le rappel de ces produits pour une contamination aux salmonelles, a annoncé mercredi à l\'AFP le président du groupe de distribution (image d\'illustration). 
Intermarché va arrêter "définitivement" de commercialiser des laits infantiles Lactalis de la marque Milumel, après le rappel de ces produits pour une contamination aux salmonelles, a annoncé mercredi à l'AFP le président du groupe de distribution (image d'illustration).  (MAXPPP)

"Enfin c’est quand même dingue ! Il va falloir très vite voir où ça a failli", s'est indignée Ingrid Kragl, mercredi 10 janvier sur franceinfo. La directrice de l’information à Foodwatch, une organisation de lutte pour les droits des consommateurs, ne comprend pas comment, les unes après les autres, les grandes enseignes reconnaissent avoir vendu des produits Lactalis alors qu’ils étaient rappelés pour des risques de présences de salmonelles dans du lait ou des céréales destinés aux bébés.

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franceinfo : Êtes-vous surprise par les découvertes de ces lots contaminés dans les rayons de certaines grandes surfaces ?

Ingrid Kragl : L'aveu du groupe Leclerc était assez scandaleux. On suspectait que d'autres chaînes de distribution soient également concernées. Il semblerait que cela se confirme. Pas mal de consommateurs nous font remonter qu'ils ont alerté les supermarchés. Bien après le rappel, ils avaient constaté que des lots qui auraient dû être retirés étaient encore en rayon dans les supermarchés. Nous n'avons pas encore tout vérifié physiquement. Il faut qu'on rassemble les preuves et qu'on recoupe tout ça. Intermarché semblerait être concerné. Ce qui est alarmant c’est que les responsables d'Intermarché affirment qu'ils sont incapables de confirmer que les lots qui auraient dû être rappelés l'ont bien été. C'est affolant.

Comment s'organise ce genre de rappel ?

Michel-Edouard Leclerc a parlé d'une potentielle faute humaine, mais il faut savoir que ce rappel est public depuis un mois. Il a parlé d'une saturation d'informations qui aurait créé ce bug. Il appelle cela un bug, ce qui est assez indécent. On s'étonne qu'il parle de saturation d'informations. Heureusement que l'information est sortie. Heureusement que ces listes ont été diffusées massivement par les autorités. La réglementation prévoit que les distributeurs sont responsables des produits qu'ils commercialisent. C’est inscrit dans la loi européenne et ensuite décliné au niveau national.

Est-ce que les supermarchés ont un devoir de vérification ?

Bien sûr, c’est un devoir pour les distributeurs de s’assurer que les denrées qu’ils commercialisent sont conformes à la réglementation. Là, en l’occurrence ce n’est pas le cas. De plus, ils doivent normalement prendre toutes les mesures quand ils exposent les consommateurs à un risque. De toute évidence, cela n’a pas été fait. Il y a quand même une responsabilité pénale qui va être mise en jeu dans ce cas-là. Nous, on pense que ça a été pris à la légère et que visiblement tout n’a pas été fait pour s’assurer que cette obligation soit bien menée à terme. Les autorités ont communiqué, mais est-ce qu’il y a eu vérification ? Où sont partis ces lots ? Ont-ils été rappelés, ont-ils été détruits ? Enfin c’est quand même dingue ! Il va falloir très vite voir où ça a failli.